Dans cette quatrième nuit d'émeutes, les actes de violence ne montrent aucun signe d'apaisement, malgré la mobilisation en masse des forces de l'ordre. Pillages, incendies et agressions se poursuivent, les émeutiers déclarant toujours vouloir "venger Nahel".
Une véritable "insurrection"
Bien que les autorités de l'État affirment que la nuit a été "beaucoup plus calme" que les précédentes, avec certaines régions relativement épargnées comme le Nord et l'Île-de-France, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Un policier, déployé dans la région lyonnaise, exprime son désarroi : "Nuit après nuit, les scènes de chaos se poursuivent, et nous ne parvenons pas à y mettre un terme". Depuis la mort de Nahel il y a quatre jours, des centaines de "jeunes de cité" se livrent à une véritable "insurrection".
L'image marquante de cette nuit de vendredi à samedi est sans doute celle du pillage d'une armurerie au cœur de Marseille, au cours duquel sept fusils ont été dérobés.
Darmanin déconnecté du réel ?
Pendant ce temps, lors d'un déplacement à Mantes-la-Jolie (Yvelines), le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, vers 2h30, des violences d'une "intensité moindre" avec 994 interpellations au niveau national, selon un bilan provisoire. Pour rappel, vendredi, le ministre avait annoncé la mobilisation "exceptionnelle" de 45.000 forces de l'ordre pour faire face aux émeutes.
Moins d'incendies que la veille !
Le ministère de l'Intérieur annonce qu'il y a eu "moins d'incendies" que la nuit précédente. Dans le détail, selon Franceinfo, 2 560 incendies ont été observés cette nuit sur la voie publique et 1 350 incendies de véhicules, ainsi que 234 feux ou dégradations de bâtiments, soit "moins que la nuit précédente". Le ministère recense aussi 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipales et 11 casernes de gendarmerie. Pour "l'intensité moindre" de Darmanin, on repassera...
Obsèques de Nahel prévues ce samedi
Les obsèques de Nahel prévues samedi. Selon un faire-part relayé sur les réseaux sociaux, les obsèques du jeune homme tué par le tir d'un policier auront lieu samedi à Nanterre et se concluront par une inhumation en début d'après-midi. "Il faut continuer d'entourer cette famille, cette maman qui va enterrer son enfant demain", a déclaré Patrick Jarry, le maire de Nanterre, dont le jeune homme était originaire. Dans un communiqué, les avocats de la famille de Nahel ont invité les journalistes à ne pas être présents aux funérailles afin d'éviter toute "ingérence médiatique".