Zooms
Zoom - Bernard Wicht : La guerre sans Etats ? Mercenaires, gangs et auto-défense
Bernard Wicht est expert en stratégie militaire, enseignant à la faculté des sciences politiques de l’Université de Lausanne, en Suisse (université de Lausanne). Auteur de nombreux ouvrages, il présente "Guerre en Europe : Gangs contre Milices privées" publié par les éditions Jean-Cyrille Godefroy dans la collection Le Cercle Aristote dirigée par Pierre-Yves Rougeyron.
Dans cet entretien, Bernard Wicht explique comment guerre et Etat restent deux concepts étroitement liés, reprenant la célèbre formule de Charles Tilly : "la guerre fait l’Etat et l’Etat fait la guerre". Bernard Wicht montre que l’effondrement ou la prise de distance de l’Etat entraîne des conflits de plus en plus décentralisés (insurrections, terrorisme, gangs armés). Il s’appuie sur la théorie de l’effondrement de Joseph Tainter pour souligner qu’au-delà d’un certain point de complexité "le retour marginal sur investissement diminue", conduisant inévitablement à la rupture d’un système social.
Bernard Wicht évoque également la privatisation du conflit avec la montée du mercenariat et des sociétés militaires privées qui reflète une "libéralisation de la défense" face au monopole étatique de la violence en voie de délitement, multipliant les acteurs belligérants hors du contrôle des Etats. L’auteur questionne également les questions de "Capital guerrier" et d’autodéfense, estimant que les jeunes générations ne se mobilisent plus pour l’armée ni l’Etat, mais migrent vers des milices ou réseaux marginaux. La perte de sens collectif et la "guerre par procuration" en découlent.
Bernard Wicht conclut sur la nécessité pour chacun de se préparer à l’autodéfense pour parer à l’impuissance d’un Etat qui a déjà renoncé à assurer la sécurité de ses populations.
Zoom - Pierre de Lauzun : Construire une pensée stratégique avec l’irruption de Trump !
Ancien haut fonctionnaire devenu acteur de premier plan dans la finance, Pierre de Lauzun développe, depuis plusieurs années, une réflexion singulière sur les rapports de puissance et les illusions contemporaines. Dans son dernier ouvrage lucide et exigeant "Ni règne de la loi, ni loi de la jungle", il s’attaque frontalement à certaines grilles de lecture dominantes, à commencer par l’idée séduisante mais réductrice d’un “choc des civilisations”. Pour lui, cette vision simplifie à l’excès des réalités beaucoup plus complexes, faites d’intérêts, de stratégies et de dynamiques propres à chaque acteur. Il met également en garde contre une autre illusion tenace : celle de croire à une généralisation possible et souhaitable de la démocratie à l’échelle du monde. À rebours de ces approches, il propose une lecture plus réaliste, attentive aux faits, aux rapports de force et aux limites du volontarisme occidental. Dans cet entretien, il revient sur ces idées fortes et explique pourquoi certaines croyances largement partagées peuvent conduire à des erreurs stratégiques majeures. Une analyse décapante, qui bouscule les certitudes et invite à repenser en profondeur notre compréhension du monde dans notre nécessaire recherche du bien commun.
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