Zooms
Zoom - Kakou Ernest Tigori - Haine du Blanc et Monde Noir
Intellectuel et homme politique ivoirien, prix Mandela de la littérature 2017, Kakou Ernest Tigori invite à une réflexion sur l’Afrique post-coloniale avec son ouvrage politiquement incorrect : "Haine du Blanc et Monde Noir". L'auteur fait plusieurs constats particulièrement décapants : au cours de son histoire, l’Europe a déployé son hégémonie sur le monde. En 2024, cette situation a abouti à une haine des Blancs… par les Blancs ! Autre constat : l’Afrique noire a longtemps justifié ses faiblesses et ses manquements en instrumentalisant la supposée haine des Blancs à son égard.
L’auteur ivoirien évoque, par exemple, la manipulation de l’homme blanc seul responsable de la traite négrière qui a décimé le monde noir pendant plus de trois siècles. Il précise qu’accuser l’Occident d’être responsable de tous les malheurs du monde noir relève d’une imbécilité qui n’a que trop duré ! Kakou Ernest Tigori affirme que l’Afrique doit se prendre en main, en retrouvant la réalité de son histoire, et en se montrant plus exigeante envers elle-même dans la conduite de son destin. "Noir ou Blanc, nous devons ensemble combattre la Haine du Blanc, pour sortir le Blanc de la repentance et le Noir de l’aveuglement".
Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?
Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".
Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.
Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?
La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.
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