Les Conversations
Les Conversations de P-M Coûteaux avec Jacques Hogard : Eloge de l’Armée française (1ère partie)
"Je regardais l'armée française comme la plus grande chose du monde", cette phrase du jeune Charles De Gaulle expliquant son engagement dans l’Armée, il est possible que Jacques Hogard ait pu la prononcer. Ce très bon connaisseur de la vie internationale et, en même temps de la politique française de défense et des défis qu'elle a à relever, cet analyste géopolitique qui connaît le terrain pour avoir servi sur plusieurs théâtres d’opérations, en Afrique et dans les Balkans, est universellement prisé pour son coup d'œil mais aussi pour le courage avec lequel il sait parler clair et net, notamment pour dire son fait à cet empire états-unien (et à ses serviteurs européens, à l’occasion français), que la France trouve si souvent sur son chemin - voir par exemple "Le Samedi Politique" qu'il a accordé à Elise Blaise le 21 mars dernier.
Mais les qualités de cet homme chaleureux, à la fois bonhomme et policé, ne tombent pas du ciel. Dans cette première conversation, nous découvrons sa famille presque exclusivement faite d’officiers, de son grand-père Emile Hogard qui fut l’aide de camp du maréchal Lyautey, au célèbre résistant Guillain de Bénouville, son oncle maternel, et son père, autre général dont il trace un portrait frappant. Et si les principales qualités d'un officier n'était pas simplement d'ordre physique ni même intellectuel ("la culture générale est l’école du commandement", rappelle-t-il) mais d'abord de la conscience ? Une fois de plus, tout est ici affaire de morale : si ce catholique à la fois ardent et tranquille, si ce monarchiste de cœur et de raison, promis aux plus hautes fonctions d'état-major, a délibérément quitté l'armée à l'âge de 44 ans, c'était d'abord pour des raisons de conscience : il estimait que le pouvoir politique fourvoyait l'armée française dans bien d'autres causes que le service de la France que celui de la France. Pourtant, assure-t-il, l'esprit de bon nombre de jeunes soldats d’aujourd’hui reste comparable à la vaillance traditionnelle. Avant de suivre les deux opérations qui l’ont marqué le plus durablement, celles du Rwanda puis du Kosovo, écoutons ce parfait Français dire tranquillement que "ce qu'il y a de plus pur en France aujourd'hui est sans doute son armée"... Question plus brûlante qu'on ne croit !
Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux - Jacques Cheminade sans filtre (2ème partie)
Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.
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