Zooms
Zoom - Sami Biasoni : Statistiques : une dangereuse simplification du monde
Taux de chômage, évolution du PIB et de l’inflation, écarts salariaux entre les hommes et les femmes, sondages d’opinion… Et si les statistiques dont nous abreuve le débat public étaient, à un certain niveau, erronées ? Peu de domaines échappent à l’emprise des chiffres qui structurent nos échanges et fondent nos convictions. Or, ces statistiques sont souvent tronquées, inexactes, voire orientées. Même les experts s’y laissent parfois prendre. Ces données, que l’on pare des atours du vrai, constituent une menace croissante pour nos démocraties. Dans son ouvrage "Le statistiquement correct - Critique de la déraison numérique", Sami Biasoni, docteur en philosophie, revisite les chiffres qui structurent les grands enjeux sociétaux de notre temps pour débusquer le statistiquement correct qui s’y cache. Un manuel de réarmement intellectuel.
Zoom - Jean-Frédéric Poisson : Le projet néo-libéral, la dictature du Bien
Et si nous vivions déjà dans un régime d’encadrement des comportements… sans véritablement nous en rendre compte ? Pour évoquer ce sujet, TVL s’est entretenu avec Jean-Frédéric Poisson, à l’occasion de la parution de son ouvrage "La Dictature du Bien".
Homme politique mais philosophe de formation, il défend une thèse forte : nos démocraties sont engagées dans un glissement progressif vers une forme de “démocrature” - un système hybride où les apparences démocratiques subsistent, mais où la liberté réelle se trouve progressivement encadrée. En un mot : dictature camouflée et démocratie truquée règnent ! Pour l’auteur, le pouvoir ne s’impose plus frontalement : il devient diffus, moral, souvent invisible. Il évoque des mécanismes de simulacre démocratique, une concentration croissante du pouvoir exécutif, mais aussi des formes de contrôle plus subtiles. Les nouvelles technologies jouent évidemment un rôle clé, en permettant une surveillance fine mais réelle des comportements.
Jean-Frédéric Poisson introduit également le concept de "clanocratie", décrivant la captation des ressources publiques par des cercles de pouvoir restreints au seul détriment de la population.
Il avance enfin une idée plus dérangeante : “il n’y a pas de démocratie sans démocrates complices”. Dans cette perspective, il met en cause le rôle des médias, accusés d’avoir renoncé à leur fonction de contre-pouvoir pour devenir des complices voire des propagandistes de ce système de totalitarisme soft.
Il conclut : "Les néo-libéraux vous promettent la liberté, et vous vendent une cage" ! Jean-Frédéric Poisson offre, au-delà du diagnostic, les moyens de trouver la force d’un avenir commun. Ne nous laissons pas enfermer dans une cage !
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