Zooms

Entretien avec Bernard Margueritte : souvenirs de la Pologne communiste (Jean-Paul II, Wałęsa, Solidarność) et d’un journalisme d’un autre temps

Publiée le 28/02/2019
Bernard Margueritte est une figure du journalisme français. Né en 1938 à Paris, il a passé la majeure partie de sa vie en Pologne, où il fut correspondant de presse du Monde et du Figaro. Il dirige aujourd’hui le Forum international des communications, qui traite de la question des médias. Si le nom de Bernard Margueritte est essentiellement connu en France des spécialistes de la Pologne, il jouit en revanche d’une véritable notoriété en Pologne. Interrogé par Nicolas de Lamberterie, il raconte ses souvenirs de la Pologne communiste : la vie des Polonais à cette époque, l’élection de Jean-Paul II, l’émergence du syndicat Solidarność, ses rencontres avec Lech Wałęsa. Il prend également à contrepied les nombreuses contre-vérités qui sont régulièrement énoncées à l’endroit du gouvernement conservateur polonais actuel du PiS. Enfin, il évoque aussi le journalisme d’un autre temps, lorsqu’il a notamment commencé sa carrière de journalisme dans le Monde dirigé par son fondateur Hubert Beuve-Méry.

Zoom - Julie Graziani : L’escroquerie intellectuelle et politique au grand jour !

Publiée le 12/01/2026

On croit savoir reconnaître une escroquerie financière, mais on baisse trop souvent la garde dès qu’il s’agit d’idées. Pourtant, les mécanismes sont les mêmes : promesses séduisantes, confiance exploitée, confusion savamment entretenue, chantage affectif. C’est ce que rappelle et démontre Julie Graziani dans un ouvrage percutant : "Les Escrocs – Le blanchiment des idées sales".

En démocratie, les idées se livrent une concurrence féroce, comme des produits sur un marché, et l’électeur en est la cible. À chaque campagne électorale, l’euphorie monte, portée par de beaux discours et des lendemains qui chantent. Puis vient la descente, bien connue des addictologues : désillusion, colère, sentiment d’avoir été trompé. Ce cycle n’est pas un accident, mais le symptôme d’un système où certaines idées fonctionnent comme une véritable "cocaïne du peuple". L’auteur, paraphrasant Marx, écrit : "Il disait que la religion était l’opium du peuple. Ce qu’il ne nous avait pas dit, c’est que la politique est la cocaïne du peuple". Sous couvert de justice, d’urgence ou de morale, des discours douteux sont ainsi blanchis pour devenir acceptables.

Éditorialiste politique, Julie Graziani démonte ces procédés en partant des escroqueries financières. Elle montre comment les mêmes techniques sont appliquées à la politique et à la vie intellectuelle, avec un objectif clair : rendre au citoyen les outils de vigilance nécessaires pour ne plus être la proie idéale. Une marche à suivre  plus que jamais d’actualité.