Zooms

Zoom - Henri-Christian Giraud : "De Gaulle voulait l’abandon de l’Algérie !"

Publiée le 28/04/2022
Ancien rédacteur en chef du Figaro Magazine, Henri-Christian Giraud a mené un remarquable travail d’historien pour évoquer, à travers des archives inédites, le grand dégagement. Le grand dégagement, c’est l’indépendance de l’Algérie qui était française. Un processus voulu par le général De Gaulle ? Telle est la thèse avancée par l’auteur de "Algerie, le piège gaulliste". S’appuyant sur une imposante bibliographie, Giraud affirme que le chef de l’Etat, guerrier de la politique, avait arrêté sa stratégie de longue date : l’abandon de l’Algérie et le renversement des alliances. Pour l’emporter contre son véritable ennemi, le front pro-Algérie française, il lui fallait le piéger. Parmi les révélations de l’ouvrage, l’historien démontre que le putsch des généraux Zeller, Jouhaud, Salan et Challe était connu du pouvoir et même facilité par l’inertie volontaire de De Gaulle. Un de Gaulle qui apparait sous un jour peu flatteur, à la fois dur et insensible au sort cruel des pieds-noirs et plus encore des harkis. Un livre qui va créer la polémique tant il écorne durablement la statue de "Commandeur" dressée depuis des décennies.

Zoom - Julie Graziani : L’escroquerie intellectuelle et politique au grand jour !

Publiée le 12/01/2026

On croit savoir reconnaître une escroquerie financière, mais on baisse trop souvent la garde dès qu’il s’agit d’idées. Pourtant, les mécanismes sont les mêmes : promesses séduisantes, confiance exploitée, confusion savamment entretenue, chantage affectif. C’est ce que rappelle et démontre Julie Graziani dans un ouvrage percutant : "Les Escrocs – Le blanchiment des idées sales".

En démocratie, les idées se livrent une concurrence féroce, comme des produits sur un marché, et l’électeur en est la cible. À chaque campagne électorale, l’euphorie monte, portée par de beaux discours et des lendemains qui chantent. Puis vient la descente, bien connue des addictologues : désillusion, colère, sentiment d’avoir été trompé. Ce cycle n’est pas un accident, mais le symptôme d’un système où certaines idées fonctionnent comme une véritable "cocaïne du peuple". L’auteur, paraphrasant Marx, écrit : "Il disait que la religion était l’opium du peuple. Ce qu’il ne nous avait pas dit, c’est que la politique est la cocaïne du peuple". Sous couvert de justice, d’urgence ou de morale, des discours douteux sont ainsi blanchis pour devenir acceptables.

Éditorialiste politique, Julie Graziani démonte ces procédés en partant des escroqueries financières. Elle montre comment les mêmes techniques sont appliquées à la politique et à la vie intellectuelle, avec un objectif clair : rendre au citoyen les outils de vigilance nécessaires pour ne plus être la proie idéale. Une marche à suivre  plus que jamais d’actualité.