Les Conversations

Les Conversations avec Jean Marie Rouart - Les Bonheurs de la civilisation française

Publiée le 07/05/2023

Après une quarantaine d’ouvrages, Jean-Marie Rouart, l’un des mieux connus de nos académiciens français qui fut deux fois directeur du Figaro Littéraire, consacre un livre étonnant à son père, le peintre Augustin Rouart, maître de ce "réalisme poétique" qui échappa à toutes les modes et dont il s’attache à faire reconnaître l’œuvre. L'occasion de revenir sur sa famille, qui cultiva pendant des générations les Beaux-Arts au point d’accumuler de somptueuses collections (on en aura un aperçu au fil de l’émission), mais aussi sur ses héritages intellectuels et moraux - ceux d’une France qui glorifia toujours la devise des gentilshommes "Vivre Libre", et dont il incarne à merveille le primat accordé à la littérature, et à la langue, dont il est un défenseur acharné contre les dévastations américaines, qu’il n’hésite pas à comparer à une colonisation - notamment contre le franglais. Regardant toutes choses au prisme de la littérature, il lâche au détour d’une phrase : "La Littérature fut l’essentiel de ma vie". Portrait d'un parfait chevalier des Arts et des Lettres...

Les Conversations avec Jean-Christian Petitfils - Révolution Française : Souveraineté usurpée & mécanique de la Terreur

Publiée le 08/11/2026

A l’heure où la mythologie républicaine jette en France ses derniers feux, poursuivons avec Jean-Christian Petitfils notre relecture de la Révolution française, en nous attachant aux faits. Comme nous l’avons vu dans une première conversation, l’engrenage de l’année 1789 procède d’une série de malheurs qui se sont abattus sur la France sans discontinuer depuis 1786 : coût du soutien à la Révolution américaine, désastres climatiques répétés, mauvaises récoltes, gestions hasardeuses de ministres dépensiers tels Necker, acharnement de la Couronne britannique à prendre sa revanche… Le fait majeur, la soudaine décision d’une partie des députés du Tiers état de se déclarer "Assemblée nationale" fut, en juin, un pur coup de force qui laissa sans réaction un Roi déboussolé par la mort, quelques jours plus tôt, de son fils - un Roi au tempérament pacifique qui ne comprit pas que c’était la souveraineté royale elle-même qui se trouvait confisquée. Coup de force qui était pourtant un coup d’Etat, si brutal qu’il s’ensuivit dès les semaines suivantes de violentes émeutes, dont la prise de la Bastille, et des déséquilibres institutionnels qui allaient plonger la France dans des violences puis des guerres prolongées jusqu'à Waterloo.Comme le résume Emmanuel de Waresquiel, la Révolution française plongea la France dans une longue série de terreurs, à Paris d’abord puis, assez vite, en province, qui ouvrit l’engrenage de la guerre. Œuvre d’une minorité agissante, elle n’instaura nullement la démocratie, insiste Petitfils - créant cependant une série d’institutions nouvelles que les Français tiennent pour un acquis, mais qui n’en est pas moins soumis aujourd’hui à un vaste examen critique.