Les Conversations

Les Conversations : Jean-Marie le Pen, sur le ton de la confidence (Episode 1)

Publiée le 30/01/2022
Après ses dernières conversations avec Eric Zemmour et Bernard Lugan, dont le cycle s’est achevé le mois dernier, Paul-Marie Coûteaux est allé rencontrer chez lui un monument de notre époque, Jean-Marie Le Pen. L’ambition n’est pas mine : il s’agit d’explorer de quoi est fait l'univers intérieur du "Menhir" en sortant délibérément du cadre politique dans lequel on l’a toujours connu. Gageure ? Le vieil homme se confie au "Nouveau Conservateur" avec plus de facilité qu’on aurait pu le croire, parlant de sa vie spirituelle aux approches de la mort, des épisodes les plus marquants de sa vie personnelle, de ses attachements fondamentaux, de ses goût, etc. Voici, sur le ton de la confiance amicale, la première de trois émissions qui sans doute en surprendront beaucoup.

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux - Jacques Cheminade sans filtre (2ème partie)

Publiée le 14/06/2026

Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui  ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.