Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n°33 avec Jean-Christian Petitfils : Pourquoi l’Histoire ? Pour être heureux

Publiée le 05/11/2023

Bien qu’il n’ait pas entrepris de carrière universitaire  (ou grâce à cela…) Jean-Christian Petitfils est devenu l’un des tout premiers historiens français (et sans doute, délivré de toute contrainte idéologique ou mandarinale le plus libre). Extraordinairement précoce, il s’intéresse très jeune aux énigmes de l’Histoire de France, mais c’est par la science politique qu’il commence ses études, puis par la publication d’ouvrages politiques. Il comprend alors, notamment par son admiration pour le général De Gaulle, qu’il n’est pas de grande politique qui ne se fonde sur l’Histoire - c’est pourquoi, toute nation a besoin de bons historiens, capables de tracer les continuités d’une tradition nationale. Le voici donc biographe à grand succès de Louis XIV, dont il trace le siècle entier autant qu’il en fait le portrait, puis de Louis XVI, qu’il réhabilite magnifiquement, ensuite des trois autres Bourbon, finissant par Henri IV, monument au centre de notre histoire. Se désolant de voir notre mémoire nationale s’étioler au fil d’une Vème République dont les chefs semblent en avoir tout perdu, jusqu’aux actuelles impasses dans lesquelles il voit clair, il s’attaques alors à l’immense projet d’une biographie de Jésus, démontrant en historien la véracité du récit évangélique, notamment de l’Evangile de saint Jean. Ce chrétien sûr de sa foi sait bien que c’est en éclairant les sources mêmes de notre civilisation, et en pointant sa part mystique (jusque dans l’étude du saint Suaire de Turin) qu'il peut encore le mieux la servir, préservant ses forces, assurant sa pérennité dans l’avenir. 

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Jean-Christian Petitfils - Révolution américaine, dettes de Necker : les causes de la Révolution

Publiée le 11/10/2026

Certains livres sont des événements. Jean-Christian Petitfils, travailleur infatigable qui n’est pas sans raison celui de nos historiens dont les ouvrages connaissent la plus large audience, s’est déjà confié pour TVL, relatant sa vie dans une première Conversation diffusée voici trois ans. Il y revint pour nous sur les titres les plus marquants d'une œuvre foisonnante, notamment une biographie ou une "historiographie" de Jésus et celles des cinq rois bourbons. On attendait le couronnement, si l’on peut dire : une histoire complète de la Révolution française. La voici, monumentale, l’auteur déployant au long de mille et une pages toutes les qualités qu’on lui connait : un talent de plume devenu rare, le soin de saisir l’événement en le plongeant dans l’époque, alliant l’étude de caractères à la sociologie, l’économie à l’histoire des idées - et le courage de détruire quelques idées reçues, dussent quelques vieilles gloires républicaines sortir du Panthéon… Nous avons dû insérer les aspects de cet événement immense et répartir une suite d’entretiens entre quelques grands sujets. Commençons par les causes principales du processus révolutionnaire, moins "démocratique" qu’il ne fut dictatorial, moins libérateur qu’il ne fut terroriste, et moins mécanique qu'il ne fut le résultat d'une suite de circonstances malheureuses - tout ayant pu, à tout moment être rattrapé. Il faut dire que, après les énormes dépenses de la guerre d’Amérique, les dettes qu’accrut au-delà de toute raison M. Necker, banquier suisse et protestant, avaient de quoi ébranler un édifice monarchique qui, certes fragile, loin de l’absolutisme qu’on lui prête aujourd’hui, n’en avait pas moins assuré la prééminence mondiale incontestée de la France - au risque de susciter nombre de jalousies qui se révéleront acharnées...