Les Conversations
Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n°33 avec Jean-Christian Petitfils : Pourquoi l’Histoire ? Pour être heureux
Bien qu’il n’ait pas entrepris de carrière universitaire (ou grâce à cela…) Jean-Christian Petitfils est devenu l’un des tout premiers historiens français (et sans doute, délivré de toute contrainte idéologique ou mandarinale le plus libre). Extraordinairement précoce, il s’intéresse très jeune aux énigmes de l’Histoire de France, mais c’est par la science politique qu’il commence ses études, puis par la publication d’ouvrages politiques. Il comprend alors, notamment par son admiration pour le général De Gaulle, qu’il n’est pas de grande politique qui ne se fonde sur l’Histoire - c’est pourquoi, toute nation a besoin de bons historiens, capables de tracer les continuités d’une tradition nationale. Le voici donc biographe à grand succès de Louis XIV, dont il trace le siècle entier autant qu’il en fait le portrait, puis de Louis XVI, qu’il réhabilite magnifiquement, ensuite des trois autres Bourbon, finissant par Henri IV, monument au centre de notre histoire. Se désolant de voir notre mémoire nationale s’étioler au fil d’une Vème République dont les chefs semblent en avoir tout perdu, jusqu’aux actuelles impasses dans lesquelles il voit clair, il s’attaques alors à l’immense projet d’une biographie de Jésus, démontrant en historien la véracité du récit évangélique, notamment de l’Evangile de saint Jean. Ce chrétien sûr de sa foi sait bien que c’est en éclairant les sources mêmes de notre civilisation, et en pointant sa part mystique (jusque dans l’étude du saint Suaire de Turin) qu'il peut encore le mieux la servir, préservant ses forces, assurant sa pérennité dans l’avenir.
Les Conversations avec Jean-Christian Petitfils - Révolution Française : Souveraineté usurpée & mécanique de la Terreur
A l’heure où la mythologie républicaine jette en France ses derniers feux, poursuivons avec Jean-Christian Petitfils notre relecture de la Révolution française, en nous attachant aux faits. Comme nous l’avons vu dans une première conversation, l’engrenage de l’année 1789 procède d’une série de malheurs qui se sont abattus sur la France sans discontinuer depuis 1786 : coût du soutien à la Révolution américaine, désastres climatiques répétés, mauvaises récoltes, gestions hasardeuses de ministres dépensiers tels Necker, acharnement de la Couronne britannique à prendre sa revanche… Le fait majeur, la soudaine décision d’une partie des députés du Tiers état de se déclarer "Assemblée nationale" fut, en juin, un pur coup de force qui laissa sans réaction un Roi déboussolé par la mort, quelques jours plus tôt, de son fils - un Roi au tempérament pacifique qui ne comprit pas que c’était la souveraineté royale elle-même qui se trouvait confisquée. Coup de force qui était pourtant un coup d’Etat, si brutal qu’il s’ensuivit dès les semaines suivantes de violentes émeutes, dont la prise de la Bastille, et des déséquilibres institutionnels qui allaient plonger la France dans des violences puis des guerres prolongées jusqu'à Waterloo.Comme le résume Emmanuel de Waresquiel, la Révolution française plongea la France dans une longue série de terreurs, à Paris d’abord puis, assez vite, en province, qui ouvrit l’engrenage de la guerre. Œuvre d’une minorité agissante, elle n’instaura nullement la démocratie, insiste Petitfils - créant cependant une série d’institutions nouvelles que les Français tiennent pour un acquis, mais qui n’en est pas moins soumis aujourd’hui à un vaste examen critique.
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