Passé Présent
Le Nouveau Passé-Présent avec Philippe Pichot-Bravard : Au cœur de la régénération révolutionnaire
La Terreur occupe une place unique dans notre longue histoire. Elle est la mauvaise conscience de la République, la part d’ombre d’une révolution qui se revendiquait "populaire", "humanitaire" et "libératrice", et décida la mort violente de plusieurs centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, dont les trois quarts appartenaient au peuple des laboureurs, des artisans et des journaliers. Elle demeure l’objet d’âpres controverses historiques. Les historiens se disputent encore aujourd’hui sur son ampleur, sur sa signification et sur son existence réelle. D’aucuns s’emploient à en minorer l’importance, à l’instar de Jean-Clément Martin. D’autres, au contraire, en font remonter l’origine dès le commencement de la Révolution. Pendant longtemps, les uns ont présenté la terreur comme une réponse aussi radicale que nécessaire aux menaces qui entouraient en 1793 la République française. Les autres relèvent, au contraire, que la terreur fut l’instrument indispensable de la politique de régénération de la société et de régénération de l’Homme poursuivie par les acteurs de la Révolution dès 1789.
Passé-Présent avec Eric Anceau - Histoire de France vs Histoire globale
Depuis les années 1970, l’histoire de France est devenue un champ de bataille intellectuel. Récit national accusé d’être dépassé, continuité historique remise en cause, figures fondatrices relativisées, frontières culturelles diluées : une partie de l’historiographie contemporaine revendique désormais une lecture fragmentée, décentrée, parfois explicitement déconstructiviste de notre passé.
L’Histoire mondiale de la France, dirigée par Patrick Boucheron, les approches post-nationales ou mémorielles ont ainsi profondément modifié la manière de raconter l’histoire, au risque, selon leurs critiques, de dissoudre la cohérence historique française dans une juxtaposition d’événements, de thèmes et de points de vue.
À l’heure où l’histoire est de plus en plus instrumentalisée dans le débat public, une question centrale se pose : peut-on encore écrire une histoire de France cohérente, sans la dissoudre dans le mondial ou la déconstruire au nom du présent ?
Pour répondre à cette question Passé/Présent donne la parole à Éric Anceau, auteur et directeur d'une "Nouvelle Histoire de France" (Passés/Composés, 2025) un ouvrage monumental réunissant une centaine d’historiens, ouvrage qui entend replacer l’État, les institutions, les conflits, les héritages culturels et les dynamiques sociales au cœur de l’analyse, sans repentance ni célébration artificielle.
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