Le samedi politique

Le Samedi politique avec Jacques Baud - Ukraine : Poutine a mis K-O l'Occident

Publiée le 20/01/2024

Depuis le fiasco de la contre-offensive ukrainienne, le destin du conflit semble définitivement scellé. Les combattants manquent à Kiev, les armes occidentales promises peinent à arriver mais aussi à s’intégrer dans la stratégie opérative de l’Ukraine. 

Pourtant, depuis bientôt deux ans, les Occidentaux ne se sont pas contentés de mettre le feu aux poudres avec Moscou. Ils ont aussi su saboter systématiquement toute ébauche de pourparlers de paix auxquels Volodymyr Zelensky n’était initialement pas hostile. Cette situation précaire de Kiev a désormais une influence directe sur la nature des combats. Sur le front, les positions sont stabilisées. Des opérations sporadiques sont alors lancées par l’Ukraine sur la Crimée ou sur le territoire russe comme les attaques contre Belgorod l’ont récemment prouvé. C’est un jeu dangereux dans lequel l’Occident, Washington et son clone de l’OTAN en tête, poussent tristement Kiev, embourbé dans un narratif que plus personne ne peut croire véritablement.

Du côté de la Russie, on est maître du jeu et surtout du temps. Avec un complexe militaro-industriel poussé à bloc, le rythme de guerre est à son avantage. Un avantage qui, le jour venu, placera Moscou en décideur des termes de la Paix… Des négociations qui mettront certes un terme à la plus grande boucherie européenne de ces dernières décennies, applaudies par les Etats-Unis.

Ex-membre du renseignement stratégique suisse et ancien colonel d’état-major, Jacques Baud, a participé à divers programmes en Ukraine pour l’OTAN, notamment en 2014 après ladite révolution de Maïdan. Après déjà trois ouvrages sur le conflit en Ukraine, il revient avec le 4ème opus, "L’art de la guerre russe - Comment l’Occident a conduit l’Ukraine à l’échec" chez Max Milo, disponible sur la boutique de TVL sur tvl.fr.

Le Samedi Politique avec Jacques Sapir - Russie - Ukraine : l’Occident creuse sa tombe

Publiée le 24/02/2024

Il y a deux ans jour pour jour, les soldats russes entraient en Ukraine. Deux années de conflit auquel les Occidentaux ont multiplié les réponses inappropriées. Faute d’avoir entendu les inquiétudes et les mises en garde de la Russie, ils ont ensuite ponctué la guerre de promesses d’armes et d’argent à l’Ukraine ainsi que de sanctions contre Moscou. Une pratique déjà connue depuis 2014 et Maïdan qui avait conduit l’Union européenne notamment à édicter de prétendues règles vexatoires à l’égard de la Russie. Des mesures qui auront avant tout permis à Moscou d’apprendre à contourner les décisions occidentales, et à préparer l’avenir.

Ainsi, alors que 18 000 sanctions occidentales sont prises aujourd’hui contre la Russie, le pays de Vladimir Poutine affiche une croissance très nettement supérieure à celle de la zone euro. En plus des aides plus ou moins honorées à Kiev, la rupture de relation avec Moscou a eu de lourdes conséquences économiques. Pire encore, le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 a infligé un très violent coup à l’industrie allemande face à la flambée des prix de l’énergie. Berlin, naguère locomotive économique de l’Union européenne doit désormais s’accommoder d’une récession brutale. La France, déjà désindustrialisée, résiste moins mal, mais le budget de Bruno Le Maire, à peine voté, était déjà obsolète et la croissance a été revue à la baisse. C’est donc une double peine terrible à laquelle assiste l’Europe. En plus de perdre son peuple dans un combat fratricide suscité par l’extérieur, elle plombe peu à peu son économie en poussant la Russie vers la résilience et le Sud global. S’il n’y a pas encore d’impôt de guerre, nous payons déjà son lourd tribut !

L’économiste Jacques Sapir, auteur de "Le grand retour de la planification ?" aux éditions Jean-Cyrille Godefroy et "Démondialisation, ou la fin de l’euro-libéralisme", aux éditions du Seuil, décrypte avec précision la situation économique de la Russie, des Etats-Unis et des pays européens dont la France et l’Allemagne, en première ligne pour les déclarations d’intentions à l’égard de l’Ukraine.