Le samedi politique

Le Samedi Politique avec Sylvain Ferreira - Ukraine : Zelensky et le désastre occidental

Publiée le 02/12/2023

Le conflit en Ukraine a été chassé de l’actualité par l’affrontement entre Israël et le Hamas depuis le 7 octobre. Pourtant, la situation à l’est de l’Europe, plus proche de nous, est particulièrement inquiétante. Près de 650 jours après l’entrée des troupes russes dans le pays, les soldats ukrainiens tombent toujours au front. Les rangs se clairsèment tragiquement, avec des générations d’hommes avalées par les combats. Dans cette déroute, aucune classe d’âge n’est épargnée. Et malgré l’évidence de la défaite, Volodymyr Zelensky continue d’envoyer de nouvelles recrues faiblement formées dans un véritable "hachoir à viande".

Face à Kiev, la Russie joue la montre. Moscou poursuit sa guerre d’attrition, laissant l’initiative à un frère-ennemi qui s’épuise pour des intérêts qui le dépassent. Les armes occidentales promises auront simplement servi à maintenir les Ukrainiens dans la croyance d’une victoire possible, au mépris de toutes les réalités niées par le "narratif" dominant.

Maintenant que Washington s’est détourné de Kiev au profit de Tel-Aviv, Volodymyr Zelensky, abandonné à son sort de dirigeant d’un territoire victime d'une guerre de proxy, est enfermé dans son rôle de chef de guerre taillé sur mesure par la propagande occidentale. Son entourage le tance, l’attaque, l’affronte d’un côté, et le pousse à aller toujours plus loin de l’autre. Un étau qui l'a d’ailleurs conduit à annuler l’élection présidentielle pour le moment.

La Paix, sabordée méticuleusement à plusieurs reprises par le camp occidental, se fait tristement attendre. Elle s’imposera pourtant tôt ou tard dans des conditions défavorables pour l’Ukraine, qui devra se résoudre aux exigences russes qu’elle avait refusées au départ : la neutralité et la non-adhésion à l’OTAN.

Un drame européen dont le journaliste et historien militaire Sylvain Ferreira nous livrera tous les détails cachés par les médias du Système, encore soucieux de maintenir les apparences.

Le Samedi Politique avec Jacques Sapir - Russie - Ukraine : l’Occident creuse sa tombe

Publiée le 24/02/2024

Il y a deux ans jour pour jour, les soldats russes entraient en Ukraine. Deux années de conflit auquel les Occidentaux ont multiplié les réponses inappropriées. Faute d’avoir entendu les inquiétudes et les mises en garde de la Russie, ils ont ensuite ponctué la guerre de promesses d’armes et d’argent à l’Ukraine ainsi que de sanctions contre Moscou. Une pratique déjà connue depuis 2014 et Maïdan qui avait conduit l’Union européenne notamment à édicter de prétendues règles vexatoires à l’égard de la Russie. Des mesures qui auront avant tout permis à Moscou d’apprendre à contourner les décisions occidentales, et à préparer l’avenir.

Ainsi, alors que 18 000 sanctions occidentales sont prises aujourd’hui contre la Russie, le pays de Vladimir Poutine affiche une croissance très nettement supérieure à celle de la zone euro. En plus des aides plus ou moins honorées à Kiev, la rupture de relation avec Moscou a eu de lourdes conséquences économiques. Pire encore, le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 a infligé un très violent coup à l’industrie allemande face à la flambée des prix de l’énergie. Berlin, naguère locomotive économique de l’Union européenne doit désormais s’accommoder d’une récession brutale. La France, déjà désindustrialisée, résiste moins mal, mais le budget de Bruno Le Maire, à peine voté, était déjà obsolète et la croissance a été revue à la baisse. C’est donc une double peine terrible à laquelle assiste l’Europe. En plus de perdre son peuple dans un combat fratricide suscité par l’extérieur, elle plombe peu à peu son économie en poussant la Russie vers la résilience et le Sud global. S’il n’y a pas encore d’impôt de guerre, nous payons déjà son lourd tribut !

L’économiste Jacques Sapir, auteur de "Le grand retour de la planification ?" aux éditions Jean-Cyrille Godefroy et "Démondialisation, ou la fin de l’euro-libéralisme", aux éditions du Seuil, décrypte avec précision la situation économique de la Russie, des Etats-Unis et des pays européens dont la France et l’Allemagne, en première ligne pour les déclarations d’intentions à l’égard de l’Ukraine.