Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n°60 avec Régis Le Sommier - Ukraine, Syrie, Mali… Qu’est ce que l’Information de guerre ?

Publiée le 09/03/2025

Qu’est-ce que l’information - et qu’est-ce qu'un journaliste ? Nous ne savons pas répondre à cette question, pourtant déterminante quand nous dépendons de plus en plus d’informations qui sont souvent des mensonges. On peut être dit "journaliste" sans avoir de formation ni même de qualification précise, au point que le mot ne veut plus rien dire en lui-même : il est celui qui ment toute la journée en toute tranquillité, en pleine lumière, aussi bien que celui qui est capable de risquer sa vie pour trouver, là où il peut et comme il le peut, des vérités qui détruisent les mensonges les plus obligatoires. A de multiples reprises, sur de multiples théâtres d’opération, Régis Le Sommier aurait pu trouver, non des témoignages, des vérités ou des indices de vérités, mais la mort. A l’écouter, à suivre, derrière le rideau, le récit de la vie souvent stupéfiante d’un "reporter de guerre", on comprend qu'être "journaliste" n’est rien hormis une morale, une manière de vivre, et de comprendre la vie. Notre chance est que Régis Le Sommier, non seulement est un modèle d’intelligence inquiète du monde, mais aussi un écrivain, un conteur, outre un esprit libre capable de saisir l’histoire là où elle se fait, et de nous la proposer, par la plume, ou par l’image. Cette conversation est aussi une réflexion passionnante sur le bel avenir de la guerre, et le dur avenir de la vérité. 

Les Conversations de P-M Coûteaux n°79 (1ère partie) - Christian Combaz, complotiste ou prescient ?

Publiée le 08/03/2026

Nul ne sait où il vit (ce serait, parait-il, dans un village à la fois reculé et très avancé du Sud-Ouest...), mais tout le monde connait Campagnol, alias Christian Combaz. Mais le connaît-on en toutes ses facettes ? Jeune provincial monté tôt à Paris, dont il a tôt fait de devenir, dans les années 70, une coqueluche littéraire (son "Eloge de l’âge" connait un tel succès qu’il accède immédiatement à la célébrité), il fut longtemps chroniqueur au Figaro comme au Figaro-Magazine ; mais, peu à peu, la liberté de son style comme de ses idées, tranquillement nationales, le rend suspect, comme sont suspectes certaines de ses intuitions ou prédictions, d’autant plus que, bien souvent, elles s’avèrent exactes. Grand voyageur, il se prend d’affection pour Budapest (qui donnera son fameux "Roman de Budapest"), comme de l’Europe de l’Est en général, puis dirige pour le ministère des Affaires étrangères des instituts culturel français, à Milan ou Saragosse. Les années passant, il sent la civilisation française fléchir année après année, lentement submergée par la colonisation du méli-mélo états-unien. Par la plume et par la voix (il faut impérativement le suivre sur ses "réseaux sociaux"), il la pourfend avec une constance qui a davantage nui à sa carrière qu’à sa lucidité, et à sa formidable liberté.