Passé Présent

Passé-Présent n°322 : Le fascisme, héritier du bonapartisme ?

Publiée le 01/02/2022

Le concept fasciste

Philippe Conrad présente, dans une traduction révisée par Arnaud Imatz, un texte de l'intellectuel étatsunien Paul Gottfried traitant un phénomène politique marquant de l'histoire du XXème siècle : le fascisme. Ce terme, banalisé après sa disparition, tient lieu aujourd'hui de stigmatisation d'un adversaire, rapidement assimilé aux thèses nazies. L'élément déclencheur de cet épisode de l'histoire européenne est le premier conflit mondial. Le fascisme était censé construire un homme nouveau vivant dans une société débarrassée d'idéaux progressistes ou libéraux, synonymes de déclin. C'était aussi un mode de pensée qui rejetait à la fois le matérialisme, les valeurs de la bourgeoisie et le parlementarisme pour s'attacher au culte de la jeunesse, à la tradition et à la réaction ; en résumé une idéologie héritée du bonapartisme. "Fascisme - Histoire d'un concept" par Paul Gottfried.

Un génie de l'invention : Clément Ader (1841-1925)

Fils, petit-fils, arrière-petit-fils de menuisiers, le jeune Clément Ader ne succédera pas à l'entreprise familiale, étant très tôt attiré par les sciences et les inventions que son génie créatif viendra apporter aux hommes. On lui doit une machine à poser les rails, la maquette d'un bateau-glisseur, un modèle d'électrophone, l'ancêtre du pneumatique, l'amélioration des vélocipèdes, du moteur à vapeur et combien d'autres brevets déposés dont le câble sous-marin ou les chenilles de chars, mais son obsession est de faire voler un engin plus lourd que l'air. Il y parviendra le 9 octobre 1890 en faisant décoller pendant quelques mètres, l'Eole.

Passé-Présent avec Olivier Dard - L'ordre moral (1873-1877) : royalisme, catholicisme et conservatisme

Publiée le 01/07/2026

"Ordre moral" : deux mots qui font encore grincer les dents. Une formule devenue, souvent, une insulte, brandie dans chaque débat de société comme si elle désignait une menace permanente. Mais d'où vient-elle vraiment ? Le 25 mai 1873, le maréchal de Mac Mahon vient d'être élu président de la République. Il annonce son programme en quelques mots : "rétablir l'ordre moral dans le pays". Derrière cette formule, un projet ambitieux – et fragile : unir les droites, réancrer la France dans le catholicisme, et voire peut-être restaurer la monarchie. Cinq années de gouvernement conservateur. Six cabinets et une tentative de restauration qui échoue.

On a longtemps traité cette période comme une parenthèse ratée, une scorie de l'histoire républicaine. Un ouvrage collectif, paru aux éditions du Cerf, montre qu'il faut s'y reprendre à deux fois. L'Ordre moral n'est pas une parenthèse : c'est un moment charnière, qui préfigure des institutions, et laisse des héritages que l'on n'a pas fini de déchiffrer. Ce que nous allons faire avec Olivier Dard, directeur de cet ouvrage.