Politique Eco

Politique & Eco n°354 avec Charles Gave - La BCE impuissante contre l’inflation qu’elle a créée

Publiée le 05/09/2022

1) Sombres perspectives économiques

Tout le monde s’accorde pour dire que les menaces sur l’économie française s'amoncellent : Inflation, pénuries, taux d’intérêts, déficit du commerce extérieur, guerre en Ukraine, déficit budgétaire, dette abyssale, mais voilà qu’une nouvelle menace se profile : l’euro qui est passé en dessous du dollar. Causes et conséquences : l’Europe prisonnière de l’énergie.

L’euro ne paye plus le gaz et le pétrole à la Russie, d’où sa chute et plus il baisse plus il faut acheter en dollar.

Baisse de la rentabilité des entreprises françaises : chômage en vue.

La BCE responsable du taux d’inflation mais pas du taux de changes, crée de l’inflation par le QE.

L’Allemagne en difficulté : énergie, dénatalité, chute des fonds de pension (retraites). L’économie russe engrange les excédents et entre dans un nouveau système de paiement hors dollar.

La Russie préparée de longue date à la guerre. La France a deux jours de munitions et le budget de la Défense est l’équivalent du paiement de la dette annuelle (38 milliards).

L’inévitable retour aux monnaies nationales : toutes les unions monétaires ont échoué.

En cas de retour au franc, il pourrait y avoir attraction de capital en raison de la baisse des actifs en francs.

 

2) Conséquences et solutions politiques

Critiques adressées à Bruno Lemaire mais le vrai responsable c’est Macron.

La politique de Macron en matière d’énergie (le nucléaire surtout) est passible de la Haute cour.

Macron ou le capitalisme de connivence.

Retour sur l’Allemagne qui n’a eu de cesse d’empêcher l’émergence de la souveraineté nucléaire française.

Les révoltes grondent ici ou là : les mêmes causes produisent les mêmes effets.

En France, un exécutif isolé et corrompu, une chambre ingouvernable : se soumettre ou se démettre, nouvelles élections législatives ou appel au peuple.

Changer la Constitution, rendre inéligibles les hauts fonctionnaires qui ne démissionnent pas : le système s’est rendu inattaquable, le gouvernement par la peur.

L’Etat, un mal nécessaire

Base de la démocratie : nul impôt sans consentement, la dette est un impôt sur les générations futures et sans leur consentement.

Corruption mentale de nos élites, il est impératif de changer un système ou le politique n’est plus révocable.

Politique & Eco n°367 avec Pierre Jovanovic - Crédit Suisse, FTX : faillites en chaîne

Publiée le 28/11/2022

1) Crédit Suisse, l’incroyable humiliation

Le Crédit Suisse en faillite demande aux Saoudiens, aux Qataris et à 20 banques concurrentes de le renflouer, vend les bijoux de famille (l’hôtel Savoy de Zürich), le cours de l’action est passé de 90 FS à 3,98 FS. Pour Pierre Jovanovic, ce n’est pas une nouvelle crise mais une extension encore plus violente de celle commencée en 2007 ("L’or des fous" de Gillian Tett du Financial Times). La presse suisse est restée muette sur l’événement et le New York Times a tourné en dérision la baisse de l’action du Crédit Suisse accusant les complotistes, dont P. Jovanovic, de fausses alertes. Pour l’heure, c’est le bank run sur le Crédit Suisse. Sans parler d’autres banques en grande difficulté comme la Monte Paschi di Siena dont il fut maintes fois question dans cette émission.

 

2) FTX : Enorme faillite politico-financière qui ruine 5 millions de personnes

La presse spécialisée nous avait présenté FTX comme la nouvelle deuxième plateforme d’échange de cryptomonnaies évaluée à 32 milliards $. L'entité basée aux Bahamas aurait dû conduire à se poser des questions sur son jeune dirigeant, Sam Bankman-Fried, présenté comme le futur Warren Buffett, apparaissant aux côtés de Klaus Schwab et faisant profession de foi végan. Fils de membres du Parti démocrate, il a contribué à financer ce parti tout en servant de "blanchisseuse" pour les crédits vers la banque centrale de l’Ukraine. Les clients n’ont plus accès à leurs comptes, le dénominateur commun à toutes les affaires qui ont précédé : ERON, Madoff, Theranos etc. Les journalistes spécialisés ont cru à leurs mensonges.

 

3) La Turquie est-elle soluble dans l’inflation ?

Selon la presse américaine et européenne la dévaluation de la livre turque est le signe qu’il n’existe aucune différence entre ce pays et le Venezuela, mais en se rendant sur place, Pierre Jovanovic infirme cette désinformation. La livre turque se déprécie certes mais les salaires suivent. Pas de révoltes et de sédition en Turquie, alors même que la CIA et les banques américaines s’emploient à ruiner la livre turque pour faire plier Erdogan. Il a dû néanmoins se résoudre à renoncer au réseau Mir (l’équivalent du Mastercard russe) qui permettait aux Russes de payer en Turquie avec leur carte de crédit. En réalité, les Turcs souffrent de la même inflation que les Français mais en France, depuis Delors et les socialistes pour plaire à Bruxelles, les salaires ont été désindexés. Le contraste est saisissant entre les rues d’Istanbul vives et animées et le morne spectacle des rues de Paris. Sans porter de jugement sur le régime du président Erdogan, Pierre Jovanovic rappelle l’enjeu pour les Américains que représente le Bosphore, porte ouverte sur la Russie et l’Ukraine. Pierre Jovanovic était en Turquie pour une enquête sur le vécu de l’inflation par la population et dans un souci de comparaison avec la situation française.