Politique Eco

Politique & Eco n°358 avec Olivier Piacentini - Quand la Chine rachètera l'Europe

Publiée le 03/10/2022

Comment et pourquoi l’Occident se fourvoie aujourd’hui ? Civilisation d’exception, il a commencé à avoir peur de lui-même en 1945, oubliant que les horreurs de la guerre sont le propre de tous les peuples, mais cette horreur-là était technicienne et utilitariste. Ayant mis l’accent sur l’économie de trente glorieuses en trente piteuses, il ne se considère plus porteur d’un message destiné aux autres civilisations. Pire encore par la mondialisation, il entend se fondre parmi les autres peuples. Désormais dépourvu de repères et porté au défaitisme, il ne s’aime pas lui-même. Son état providence lui a fait changer de paradigme, il a perdu son esprit créatif. Quelles grandes inventions industrielles depuis Maastricht ? Des réglementations ultra normatives qui s’imposent aux peuples d’Europe contre sa volonté. L’UE qui n’est que l’antichambre du mondialisme illusionne les européens et leur masque leur déclin industriel et leurs échecs militaires et diplomatiques à répétition, auxquels viennent s’ajouter les crises à répétition dont la fréquence augmente de plus en plus et traduit le déclassement occidental face à la montée des BRICS. Le coup de grâce est venu avec la pandémie du covid et le narratif européen ressemble à s’y méprendre à la chute de l’empire romain. Un scenario de plus en plus noir est en train de s’écrire sauf si l’Europe surtout renoue avec son antique génie et son histoire exceptionnelle, mais cela au prix de grandes souffrances et de grands sacrifices qui seront évoqués dans un prochain livre.

Politique & Eco n°367 avec Pierre Jovanovic - Crédit Suisse, FTX : faillites en chaîne

Publiée le 28/11/2022

1) Crédit Suisse, l’incroyable humiliation

Le Crédit Suisse en faillite demande aux Saoudiens, aux Qataris et à 20 banques concurrentes de le renflouer, vend les bijoux de famille (l’hôtel Savoy de Zürich), le cours de l’action est passé de 90 FS à 3,98 FS. Pour Pierre Jovanovic, ce n’est pas une nouvelle crise mais une extension encore plus violente de celle commencée en 2007 ("L’or des fous" de Gillian Tett du Financial Times). La presse suisse est restée muette sur l’événement et le New York Times a tourné en dérision la baisse de l’action du Crédit Suisse accusant les complotistes, dont P. Jovanovic, de fausses alertes. Pour l’heure, c’est le bank run sur le Crédit Suisse. Sans parler d’autres banques en grande difficulté comme la Monte Paschi di Siena dont il fut maintes fois question dans cette émission.

 

2) FTX : Enorme faillite politico-financière qui ruine 5 millions de personnes

La presse spécialisée nous avait présenté FTX comme la nouvelle deuxième plateforme d’échange de cryptomonnaies évaluée à 32 milliards $. L'entité basée aux Bahamas aurait dû conduire à se poser des questions sur son jeune dirigeant, Sam Bankman-Fried, présenté comme le futur Warren Buffett, apparaissant aux côtés de Klaus Schwab et faisant profession de foi végan. Fils de membres du Parti démocrate, il a contribué à financer ce parti tout en servant de "blanchisseuse" pour les crédits vers la banque centrale de l’Ukraine. Les clients n’ont plus accès à leurs comptes, le dénominateur commun à toutes les affaires qui ont précédé : ERON, Madoff, Theranos etc. Les journalistes spécialisés ont cru à leurs mensonges.

 

3) La Turquie est-elle soluble dans l’inflation ?

Selon la presse américaine et européenne la dévaluation de la livre turque est le signe qu’il n’existe aucune différence entre ce pays et le Venezuela, mais en se rendant sur place, Pierre Jovanovic infirme cette désinformation. La livre turque se déprécie certes mais les salaires suivent. Pas de révoltes et de sédition en Turquie, alors même que la CIA et les banques américaines s’emploient à ruiner la livre turque pour faire plier Erdogan. Il a dû néanmoins se résoudre à renoncer au réseau Mir (l’équivalent du Mastercard russe) qui permettait aux Russes de payer en Turquie avec leur carte de crédit. En réalité, les Turcs souffrent de la même inflation que les Français mais en France, depuis Delors et les socialistes pour plaire à Bruxelles, les salaires ont été désindexés. Le contraste est saisissant entre les rues d’Istanbul vives et animées et le morne spectacle des rues de Paris. Sans porter de jugement sur le régime du président Erdogan, Pierre Jovanovic rappelle l’enjeu pour les Américains que représente le Bosphore, porte ouverte sur la Russie et l’Ukraine. Pierre Jovanovic était en Turquie pour une enquête sur le vécu de l’inflation par la population et dans un souci de comparaison avec la situation française.