Politique Eco

Politique & Eco n°378 avec Olivier Babeau - Tyrannie du divertissement : la fabrique à inégalités

Publiée le 27/02/2023

Jamais, depuis le début de la civilisation, l’être humain n’a eu autant de temps libre. Que faisons-nous de cet océan de liberté ? Il est essentiellement perdu en divertissement. Le loisir studieux des Anciens se cultivait dans l’ouverture aux autres et œuvrait à la construction de soi. Le divertissement recherche le plaisir immédiat, n’apprend rien ou presque, recherche le moindre effort. Les nouvelles technologies ont accéléré le déséquilibre : le divertissement dévore nos loisirs. Dans son ouvrage "La Tyrannie du divertissement", Olivier Babeau décrit combien nous sommes passés du loisir qui nous enrichit (culture, sociabilisation…) au loisir qui nous appauvrit et nous isole. Le mauvais usage du temps libre amplifie les inégalités entre ceux qui en tirent profit et ceux qui n’en tirent rien. Reconquérir notre temps est notre principal défi. Il en va de notre équilibre personnel, mais aussi de notre place dans la société.

Politique & Eco n°425 avec avec Jean-Philippe Chauvin : Deux siècles d’histoire sociale à la lumière des monarchistes

Publiée le 26/02/2024

Nous recevons aujourd’hui Jean-Philippe Chauvin militant royaliste de toujours et professeur d’histoire dans un grand lycée d’Ile-de-France. En sa compagnie nous découvrons un aspect méconnu de la monarchie et de l’Ancien régime : sa dimension sociale.

1) Louis XVI et la question sociale. Une image à repenser en général sur la monarchie mais particulièrement sous Louis XVI. Au moment de la grande peur des campagnes à la suite de l’explosion d’un volcan islandais qui plonge l’Europe dans un grand trouble climatique assorti de mauvaises récoltes, Louis XVI consacrera une part du budget pour venir en aide aux paysans.

2) La révolution est-elle antisociale avec la loi Le Chapelier et le décret d'Allarde ? C’est en effet une révolution bourgeoise, laquelle se montrera impitoyable tant pour les paysans que pour les premiers ouvriers. Les décrets cités plus haut consacrent la privatisation des communaux accessibles jadis aux paysans pauvres. Quant à l'appropriation des biens du clergé qui étaient un peu la sécurité sociale de l'époque, cela provoqua une grande misère laquelle va durer jusqu’au milieu du XIX° siècle. On se souvient de la révolte des Canuts lyonnais. La République fit tirer sur le peuple et cela va continuer à Fourmies, Anzin, Carmaux, Courrières, et la répression des républicains fut impitoyable : Thiers, Cavaignac et Clémenceau en furent les auteurs.

3) Cette misère fut donc au cœur des grandes révoltes du XIXème siècle particulièrement et c'est là qu'il faut citer l'action des monarchistes sociaux qui luttèrent par la loi contre le travail des enfants jusqu'au début du XXème siècle. Le Front populaire mit fin à la révolution et constitue une date importante dans l’histoire sociale. Après ces années, tous les gouvernements de Vichy au CNR adoptèrent la même politique sociale.

4) Une monarchie pourrait-elle aujourd'hui mieux résoudre les problèmes sociaux ? Gilets jaunes, agriculteurs, mondialisation, UE, euro ? Jean-Philippe Chauvin répond sur les questions du repos dominical, sur la répression des Gilets jaunes, sur la mondialisation et les délocalisations, ainsi que la crise agricole. Une approche nouvelle et éclairante.