Politique Eco

Politique & Eco n°420 avec Jacques Sapir - La révolution économique de Poutine

Publiée le 22/01/2024

Vladimir Poutine a relancé son industrie avec un nouveau modèle économique. Alors que Bruno Le Maire avait promis de mettre la Russie à genoux, la croissance de son PIB pour 2023 devrait se situer autour de 3,6% ou 3,7%. Grâce à une bonne anticipation des sanctions occidentales par le premier ministre russe Michoustine et une politique budgétaire expansionniste, Moscou a permis aux entreprises de faire de réels progrès notamment par une réorganisation de leur production. La croissance industrielle pour 2023 devrait être de 5,3% et de 8,7% pour l’industrie manufacturière. C’est cette dernière qui a été le principal moteur de la croissance. Les exportations sont aussi à l’origine du rebond, celles de l’industrie manufacturière ont retrouvé voire dépassé leur niveau d’avant les sanctions. Et la dédollarisation de l'économie russe poursuit son chemin : le Yuan représentait 8% du volume des transactions internationales début 2022 contre 48% aujourd'hui.

L'économiste Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS et enseignant à l'Ecole de guerre économique, analyse le nouveau système de croissance russe, un système toujours capitaliste mais beaucoup moins financiarisé qu'auparavant.

Politique & Eco n°425 avec avec Jean-Philippe Chauvin : Deux siècles d’histoire sociale à la lumière des monarchistes

Publiée le 26/02/2024

Nous recevons aujourd’hui Jean-Philippe Chauvin militant royaliste de toujours et professeur d’histoire dans un grand lycée d’Ile-de-France. En sa compagnie nous découvrons un aspect méconnu de la monarchie et de l’Ancien régime : sa dimension sociale.

1) Louis XVI et la question sociale. Une image à repenser en général sur la monarchie mais particulièrement sous Louis XVI. Au moment de la grande peur des campagnes à la suite de l’explosion d’un volcan islandais qui plonge l’Europe dans un grand trouble climatique assorti de mauvaises récoltes, Louis XVI consacrera une part du budget pour venir en aide aux paysans.

2) La révolution est-elle antisociale avec la loi Le Chapelier et le décret d'Allarde ? C’est en effet une révolution bourgeoise, laquelle se montrera impitoyable tant pour les paysans que pour les premiers ouvriers. Les décrets cités plus haut consacrent la privatisation des communaux accessibles jadis aux paysans pauvres. Quant à l'appropriation des biens du clergé qui étaient un peu la sécurité sociale de l'époque, cela provoqua une grande misère laquelle va durer jusqu’au milieu du XIX° siècle. On se souvient de la révolte des Canuts lyonnais. La République fit tirer sur le peuple et cela va continuer à Fourmies, Anzin, Carmaux, Courrières, et la répression des républicains fut impitoyable : Thiers, Cavaignac et Clémenceau en furent les auteurs.

3) Cette misère fut donc au cœur des grandes révoltes du XIXème siècle particulièrement et c'est là qu'il faut citer l'action des monarchistes sociaux qui luttèrent par la loi contre le travail des enfants jusqu'au début du XXème siècle. Le Front populaire mit fin à la révolution et constitue une date importante dans l’histoire sociale. Après ces années, tous les gouvernements de Vichy au CNR adoptèrent la même politique sociale.

4) Une monarchie pourrait-elle aujourd'hui mieux résoudre les problèmes sociaux ? Gilets jaunes, agriculteurs, mondialisation, UE, euro ? Jean-Philippe Chauvin répond sur les questions du repos dominical, sur la répression des Gilets jaunes, sur la mondialisation et les délocalisations, ainsi que la crise agricole. Une approche nouvelle et éclairante.