Les Conversations

Les Conversations - Anne Mansouret, du sérail socialiste au vote Marine Le Pen

Publiée le 11/09/2022

Quand Anne Mansouret, nouvelle élue socialiste au Conseil régional de Haute Normandie, croise un collègue FN, elle lui serre la main, geste naturel bien dans la manière de cette femme élégante et cultivée, qui lui vaudra les foudres du président socialiste de la région. La gauche, cette femme née d'une famille iranienne, élevée à Téhéran dans une pension catholique à l'esprit de laquelle elle restera fidèle toute sa vie, finira par en connaître toutes les grandes figures, de Martine Aubry à DSK, d'Attali à Fabius, mais aucune ne l'impressionne. Cette femme profondément originale, curieuse de tout, est assez indépendante d'esprit pour regarder de haut et de loin un microcosme ou ce qui l'intéresse est d'agir concrètement en faveur du peuple, créant, par exemple, contre vents et marées le chèque emploi service universel (CESU), puis le généralisant à toute la France. Assez indépendante, aussi, pour s'élever contre le féminisme, le "wokisme", l'avortement généralisé, et finalement voter Marine Le Pen en 2022, et le dire, tout en se voulant toujours à gauche. Oui, une femme curieuse...

Les Conversations de P-M Coûteaux - Michel Onfray - De Gaulle, son enfance, son père : une étonnante auto-analyse (1ère partie)

Publiée le 26/07/2026

La chaleur de ce 18 juin m’a joué un tour : "Les Conversations étant pour la plupart enregistrées chez moi, donc passablement improvisées, un mauvais hasard voulut que, lorsque Michel Onfray arriva au milieu d’une après-midi écrasante, je prenais une douche ; ne voulant pas faire attendre plus longtemps un hôte aussi vénérable, je m’habillai à la volée, et c’est en costume de perroquet des îles que je le reçus. Aussitôt la conversation s’engagea, aisée et riche comme il y excelle, et nous reprîmes celle que nous suivons à intervalles très irréguliers depuis que, en octobre 1997, je l’avais interrogé pour France Culture sur l’un des premiers de ses quelques cent cinquante ouvrages : "Politique du Rebelle - Traité de résistance et d’insoumission". Solidement campé sur son "Ni Dieu ni Maître", il y écrivait notamment : "Voici ce qui doit être posé au-dessus de tout : la Vie. Option hédoniste". Les dispositions demeurent, certes ; mais comme les conditions ont changé ! Désormais, le doux anarchisme de la jeunesse fait face à la dislocation de tous les cadres, politiques, sociaux ou familiaux qui justifiaient jadis le Rebelle et autorisaient à l'occasion "l’option hédoniste". Le temps a passé, l’oeuvre s’est étendue, comme le cercle de ses lecteurs français ou étrangers (il est certainement l’auteur français le plus traduit), comme se sont étendues aussi ses réflexions qui le conduisent à camper désormais un souverainiste solide, prêt à dire le vrai et de la plus abrupte façon : "j’ai longtemps parlé d'une guerre civile à bas-bruit ; je retire maintenant le "bas-bruit"...). Finalement, c’est dans son enfance, dont il nous donne ici des aperçus à la fois pudiques et précis, toujours bouleversants, qu’il retrouve ses points d’appui, se livrant avec cette obsession de la vérité qui est le vrai fil-rouge de son œuvre, à une auto-analyse inattendue. De l'évocation (féroce) du Débarquement des "Anglo-saxons" dans sa Normandie natale à l’impressionnant portrait de son père (qu’un éclat d’obus de l’armée "libératrice" faillit tuer…), à la figure du général De Gaulle, devenu l’un de ses repères les plus constants, et à celle de ce père, l’homme qui ne mentait jamais, Onfray déroule ici à petites touches, quelquefois en exclusivité pour TVL, le portrait d'une enfance frugale, et comme on dit "difficile", laissant apercevoir où puise son extraordinaire besoin décrire ; une enfance  sur laquelle il n’a pas fini de revenir...