Les Conversations
Les Conversations - Anne Mansouret, du sérail socialiste au vote Marine Le Pen
Quand Anne Mansouret, nouvelle élue socialiste au Conseil régional de Haute Normandie, croise un collègue FN, elle lui serre la main, geste naturel bien dans la manière de cette femme élégante et cultivée, qui lui vaudra les foudres du président socialiste de la région. La gauche, cette femme née d'une famille iranienne, élevée à Téhéran dans une pension catholique à l'esprit de laquelle elle restera fidèle toute sa vie, finira par en connaître toutes les grandes figures, de Martine Aubry à DSK, d'Attali à Fabius, mais aucune ne l'impressionne. Cette femme profondément originale, curieuse de tout, est assez indépendante d'esprit pour regarder de haut et de loin un microcosme ou ce qui l'intéresse est d'agir concrètement en faveur du peuple, créant, par exemple, contre vents et marées le chèque emploi service universel (CESU), puis le généralisant à toute la France. Assez indépendante, aussi, pour s'élever contre le féminisme, le "wokisme", l'avortement généralisé, et finalement voter Marine Le Pen en 2022, et le dire, tout en se voulant toujours à gauche. Oui, une femme curieuse...
Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Michel Onfray (2ème partie) - "Je suis judéo-chrétien"
Michel Onfray est l’un des rares personnages qui m’intimident : l’extraordinaire agilité de son intelligence, sa très vaste érudition mise au service d'une force de travail qui ne l’est pas moins (il a déjà publié plus de 150 livres !), par dessus tout son permanent souci de la vérité, dût-il brûler ses vaisseaux pour pouvoir la dire, en font l’un des rares intellectuels français universels, capable de s’adresser à tout Français - outre qu’il est le plus traduit de nos philosophes et essayistes, son rayonnement à l’étranger faisant honneur à la France.
Dans une première conversation, il s’est livré avec beaucoup de simplicité et de confiance en nous parlant de son Père, figure marquante entre toutes, de sa mère, de son enfance dans une ferme modeste de Normandie. Nous poursuivons ici ce récit avec les années où il fut placé dans un orphelinat catholique, où le réflexe qui le fit écrire dès l’âge de 10 ans fut pour ainsi dire la clef de sa prison, ses premiers ouvrages publiés très jeune, son refus obstiné de toute carrière universitaire, sa farouche indépendance d’esprit. Celle-ci ne fut pas mise en défaut, comme elle aurait pu l’être, lorsque, dans les premiers années du nouveau siècle ( il avait quarante ans) l’anarchisme obstiné de ses premiers écrits fut pris comme à rebours par l’évolution de notre civilisation, laquelle révéla année après année que, tandis que s’installait une bien réelle anarchie, il découvrit assez vite qu’il n’y avait fait pas , pour reprendre la célèbre formule soixante-huitarde, « sous les pas pavés la plage », mais au contraire « sous les pavés la barbarie ». D’autres auraient pus s‘accrocher à leurs premières fixations idéologiques : il n’en fit rien, et, analysant notre monde tel qu’il évolue, ou tel qu'il s'effondre, il engagea une véritable révolution intellectuelle qui lui permet de découvrir les plus fraîches, et les plus terribles vérités sur la profonde « décimalisation » qui prend à la gorge l’ancien libertaire. Une conversation sans fin…
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