Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Bernard Lugan (3ème partie) : Trahisons en Afrique

Publiée le 20/10/2021
Un important sommet franco-africain se tient cet automne 2021 à Montpellier : occasion d’évoquer en détails un sujet majeur de l’actualité internationale, l’Afrique, où tant de choses se jouent pour la France et pour l’Europe. Occasion, aussi, de rencontrer Bernard Lugan, qui connaît mieux que personne ce continent décisif et mystérieux où il a vécu, en diverses capitales, le plus clair de sa vie, dont il a écrit l’Histoire et dont la connaissance approfondie fait partout autorité. Bernard Lugan est l’un des personnages les plus étonnants que j’ai rencontrés, figure chevaleresque au verbe haut, précis et clair comme un sabre, et dont la moustache, qu’il cultive comme une pièce de musée, est devenue une signature sur tout le continent. Je suis allé le voir cet été dans sa grande demeure des monts du Forez, aux confins de l’Auvergne du Lyonnais : les conversations que l’on va suivre le racontent autant qu’elles racontent l’Afrique, mais aussi une certaine France, toujours soucieuse du monde.

Les Conversations de P-M Coûteaux avec Jacques Hogard : Eloge de l’Armée française (1ère partie)

Publiée le 03/05/2026

"Je regardais l'armée française comme la plus grande chose du monde", cette phrase du jeune Charles De Gaulle expliquant son engagement dans l’Armée, il est possible que Jacques Hogard ait pu la prononcer. Ce très bon connaisseur de la vie internationale et, en même temps de la politique française de défense et des défis qu'elle a à relever, cet analyste géopolitique qui connaît le terrain pour avoir servi sur plusieurs théâtres d’opérations, en Afrique et dans les Balkans, est universellement prisé pour son coup d'œil mais aussi pour le courage avec lequel il sait parler clair et net, notamment pour dire son fait à cet empire états-unien (et à ses serviteurs européens, à l’occasion français), que la France trouve si souvent sur son chemin - voir par exemple "Le Samedi Politique" qu'il a accordé à Elise Blaise le 21 mars dernier.
Mais les qualités de cet homme chaleureux, à la fois bonhomme et policé, ne tombent pas du ciel. Dans cette première conversation, nous découvrons sa famille presque exclusivement faite d’officiers, de son grand-père Emile Hogard qui fut l’aide de camp du maréchal Lyautey, au célèbre résistant Guillain de Bénouville, son oncle maternel, et son père, autre général dont il trace un portrait frappant. Et si les principales qualités d'un officier n'était pas simplement d'ordre physique ni même intellectuel ("la culture générale est l’école du commandement", rappelle-t-il) mais d'abord de la conscience ? Une fois de plus, tout est ici affaire de morale : si ce catholique à la fois ardent et tranquille, si ce monarchiste de cœur et de raison, promis aux plus hautes fonctions d'état-major, a délibérément quitté l'armée à l'âge de 44 ans, c'était d'abord pour des raisons de conscience : il estimait que le pouvoir politique fourvoyait l'armée française dans bien d'autres causes que le service de la France que celui de la France. Pourtant, assure-t-il, l'esprit de bon nombre de jeunes soldats d’aujourd’hui reste comparable à la vaillance traditionnelle. Avant de suivre les deux opérations qui l’ont marqué le plus durablement, celles du Rwanda puis du Kosovo, écoutons ce parfait Français dire tranquillement que "ce qu'il y a de plus pur en France aujourd'hui est sans doute son armée"... Question plus brûlante qu'on ne croit !