Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Bernard Lugan (3ème partie) : Trahisons en Afrique

Publiée le 20/10/2021
Un important sommet franco-africain se tient cet automne 2021 à Montpellier : occasion d’évoquer en détails un sujet majeur de l’actualité internationale, l’Afrique, où tant de choses se jouent pour la France et pour l’Europe. Occasion, aussi, de rencontrer Bernard Lugan, qui connaît mieux que personne ce continent décisif et mystérieux où il a vécu, en diverses capitales, le plus clair de sa vie, dont il a écrit l’Histoire et dont la connaissance approfondie fait partout autorité. Bernard Lugan est l’un des personnages les plus étonnants que j’ai rencontrés, figure chevaleresque au verbe haut, précis et clair comme un sabre, et dont la moustache, qu’il cultive comme une pièce de musée, est devenue une signature sur tout le continent. Je suis allé le voir cet été dans sa grande demeure des monts du Forez, aux confins de l’Auvergne du Lyonnais : les conversations que l’on va suivre le racontent autant qu’elles racontent l’Afrique, mais aussi une certaine France, toujours soucieuse du monde.

Les Conversations n°81 de Paul-Marie Coûteaux avec Eric Branca - De Gaulle l’anti-Trump ? Quand la France parlait au monde

Publiée le 05/04/2026

Après deux conversations consacrées à son métier de journaliste, puis à deux de ses ouvrages les plus marquants ("Histoire secrète de la droite française" puis "L’ami américain"), ouvrages qui l’imposèrent comme l'un des meilleurs historiens du XXème siècle (voir Conversations n° 73 et n°75), venons-en au monument qu’Eric Branca consacra en 2020 aux relations entre le général De Gaulle et quelques-unes des grandes figures historiques qu’il a rencontrées, qui l‘ont marqué et qu’il a sans doute beaucoup marquées en retour : Franco, le cardinal Roncalli (futur pape Jean XXIII à l’élection duquel il a puissamment contribué), Staline dont il dresse un portrait stupéfiant, Ben Gourion, Nasser (le seul qu’il n’ait pas rencontré physiquement, mais qu’il a influencé de plusieurs façons), ainsi que deux présidents des Etats-Unis, Kennedy et Richard Nixon, qui reconnaîtront ce qu’il doivent à celui qui était alors "la voix de la France" et qui portait une conception, non seulement de la diplomatie française mais aussi des relations entre puissances très éloignée de celle qui prévaut aujourd’hui. L'esprit contemporain ne saisit plus l’époque où la profondeur historique des Etats l’emportait sur les fixations idéologiques - quand, par exemple, le gouvernement de la Libération noua des relations avec Franco, quand ce dernier protégeait obstinément Fidel Castro, quand, en décembre 1944, De Gaulle tient à s’allier avec l’Ogre du Kremlin, quand Nasser faisait pendre les dirigeants communistes au Caire pendant qu’il s’alliait à la Russie soviétique et quand, déjà, Washington poussait contre lui les Frères Musulmans... Il y a dans cette conversation, en filigrane, une leçon de diplomatie classique qui découvre, outre un De Gaulle méconnu, ce que pourrait être une diplomatie française renouvelée, inspiratrice d’un ordre mondial fort éloigné, quant à l’inspiration, aux principes et à la forme, de celui que tente d’imposer l'erratique M. Trump...