Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n°31 : Laurence Trochu, l’essor du courant conservateur en France

Publiée le 08/10/2023

Mère de famille nombreuse, professeur de philosophie, présidente du Mouvement Conservateur qui a pris la suite de "Sens Commun", Laurence Trochu veille à fonder son engagement sur deux piliers qu’elle concilie mieux que ne le font nos vieux élus : une action politique qui la vit rejoindre parmi les premières la campagne d’Eric Zemmour et le parti "Reconquête !" dont elle est une des dirigeantes, mais aussi une réflexion de fond constante, depuis ses études de philosophie qui lui ont permis de fréquenter les classiques grecs, Parménide, Platon et Aristote, jusqu’aux auteurs plus récents tels Burke ou Tocqueville et, plus près de nous, l’un des plus précieux penseurs de "l’urgence conservatrice", le prophétique Roger Scruton. A l’approche d’une importante "Journée des Conservateurs" que son Mouvement organise à Asnières le 14 octobre prochain, Laurence Trochu raconte ici sa vie, enracinée en terre chouane, mais aussi ses combats et par-dessus tout l’état d’esprit extraordinairement combatif qui l’anime et qui, dans le sillage d’une "alliance des conservateurs" en train de se construire, devrait recomposer de fond en comble la droite française.

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux - Jacques Cheminade sans filtre (2ème partie)

Publiée le 14/06/2026

Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui  ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.