Les Conversations

Les Conversations : D'un bonheur à l’autre, la vie foisonnante d'André Bercoff

Publiée le 07/05/2022
"Il y a des hommes, disait Victor Hugo, qui sont comme des océans". André Bercoff est un de ces hommes-océans, et l'on reste époustouflé par l'incroyable diversité des personnages, des pays et des situations qu'a connus cet observateur truculent, actuellement journaliste-vedette de Sud Radio (12h /14 h : "Bercoff dans tous ses états"). Par le journalisme, profession qu'il a embrassée et exercée avec autant d'appétit que de ferveur, il semble avoir presque tout connu du monde des dernières décennies, depuis sa naissance à Beyrouth en 1940, et l'on dirait que, mû par une curiosité, une énergie et surtout une indépendance d’esprit indestructibles, il a su tout voir, comprendre, et dire du monde tel qu’il va. Il est de surcroît servi par une capacité hors pair à raconter : qu’on en juge !

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux - Jacques Cheminade sans filtre (2ème partie)

Publiée le 14/06/2026

Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui  ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.