Les Conversations

Les Conversations n°47 de Paul-Marie Coûteaux avec Alain Juillet : Les Etats-Unis se sont imposés au monde par la force (2ème partie)

Publiée le 23/06/2024

La conversation avec Alain Juillet se poursuit, égrenant quelques uns des épisodes les plus étonnants de ce que Alain Juillet nomme les "guerres non déclarées", ces guerres hybrides, aux composantes à la fois économiques, culturelles, et quelquefois discrètement militaires, qui sans cesse opposent les grandes puissances entre elles - et que mènent souvent, contre la France, ses principaux partenaires, notamment les Etats-Unis et l’Allemagne. Après avoir été directeur du Renseignement à la DGSE, Alain Juillet parvient à faire comprendre aux gouvernements de Jacques Chirac l’apport spécifique et crucial du renseignement et du contre-renseignement économique, dont il finit par faire une discipline à part entière. Avec quelques autres conscrits, Bernard et François-Xavier Carayon, Christian Harbulot, Bernard Besson,  il l’implante peu dans notre pays, après qu’il a essuyé quelques désastres. Oublié un peu partout, y compris au sommet de l’Etat, le sens de l’intérêt supérieur de la Nation ne s’est du moins pas perdu au sein des "Services". Suivons encore ce très docte et toujours sage octogénaire qui, converti en pèlerin de "l’intelligence économique" nous montre, souvent de façon touchante, ce que peut être une vie consacrée au service opiniâtre et discret de son pays.  

Les Conversations avec Jean-Christian Petitfils - Révolution Française : Souveraineté usurpée & mécanique de la Terreur

Publiée le 08/11/2026

A l’heure où la mythologie républicaine jette en France ses derniers feux, poursuivons avec Jean-Christian Petitfils notre relecture de la Révolution française, en nous attachant aux faits. Comme nous l’avons vu dans une première conversation, l’engrenage de l’année 1789 procède d’une série de malheurs qui se sont abattus sur la France sans discontinuer depuis 1786 : coût du soutien à la Révolution américaine, désastres climatiques répétés, mauvaises récoltes, gestions hasardeuses de ministres dépensiers tels Necker, acharnement de la Couronne britannique à prendre sa revanche… Le fait majeur, la soudaine décision d’une partie des députés du Tiers état de se déclarer "Assemblée nationale" fut, en juin, un pur coup de force qui laissa sans réaction un Roi déboussolé par la mort, quelques jours plus tôt, de son fils - un Roi au tempérament pacifique qui ne comprit pas que c’était la souveraineté royale elle-même qui se trouvait confisquée. Coup de force qui était pourtant un coup d’Etat, si brutal qu’il s’ensuivit dès les semaines suivantes de violentes émeutes, dont la prise de la Bastille, et des déséquilibres institutionnels qui allaient plonger la France dans des violences puis des guerres prolongées jusqu'à Waterloo.Comme le résume Emmanuel de Waresquiel, la Révolution française plongea la France dans une longue série de terreurs, à Paris d’abord puis, assez vite, en province, qui ouvrit l’engrenage de la guerre. Œuvre d’une minorité agissante, elle n’instaura nullement la démocratie, insiste Petitfils - créant cependant une série d’institutions nouvelles que les Français tiennent pour un acquis, mais qui n’en est pas moins soumis aujourd’hui à un vaste examen critique.