Zooms
Zoom - Judikael Hirel - Insécurité : La guerre civile à bas bruit
Judikael Hirel est journaliste et vient de publier un livre édifiant : "Concorde rouge - Dans la peau d’une victime d’agression". Le 13 novembre 2017, l’auteur rentre du travail en métro. A la station Concorde, il est attaqué violemment après avoir défendu une jeune femme agressée sexuellement. Assommé par derrière et frappé au visage, il a la mâchoire brisée, les dents cassés, le nez totalement détruit. Quatorze fractures au total. Judikael Hirel écrit : "Ma tête s’est émiettée, une gueule cassée façon puzzle. Il aurait suffi d’un coup de pied en plus pour que j’y laisse ma peau. Mon agresseur avait clairement la volonté de me tuer". Le journaliste évoque avec beaucoup de pudeur les longs mois de douleur et de reconstruction, les accès de colère contre l’inhumanité de la RATP, le peu de réaction des autres voyageurs au moment de l’agression ou encore la lenteur de la justice.
Judikael Hirel raconte ce parcours de combattant que vivent tant de victimes (30 victimes d’agression par heure en France !) mais il mène aussi une large réflexion sur l’insécurité qui explose et qui est devenue un fait de société. Il rappelle notamment que ce sont les femmes qui, souvent dans l’indifférence des pouvoirs publics, sont surexposées à la violence.
La force du livre est le refus de s’apitoyer et la volonté de raconter cette guerre civile à bas bruit qui s’installe et qui touche chacun d’entre nous.
Zoom - Ivan Rioufol : "Nous allons vivre la révolution des oubliés"
Célèbre journaliste et essayiste, Ivan Rioufol est l’invité de TVLibertés pour présenter son nouveau livre, "La révolution des oubliés". Dans cet essai incisif, la charge est nette. Rioufol ne décrit pas une agitation passagère, mais un pays travaillé en profondeur par une colère froide : celle de Français qui ne se sentent plus représentés. Les"oubliés", affirme-t-il, ne sont ni marginaux ni extrêmes, mais une majorité active convaincue que le pouvoir s’est éloigné du réel. Son livre dresse la cartographie d’une fracture - sociale, culturelle, démocratique - et questionne la légitimité d’élites jugées déconnectées. Pourtant, derrière la critique affleure une espérance : celle d’un sursaut des consciences, d’un retour au débat franc, d’une reconquête du sens commun. La révolution qu’il annonce ne se ferait ni dans la rue ni dans le fracas, mais dans les esprits. Une révolution silencieuse, patiente, qu’il estime déjà en marche : "La révolution du bon sens a gagné les esprits. Le vieux monde politique ne tient plus qu’à un fil".
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