Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n° 75 avec Eric Branca (1ère partie) - 50 ans de droite française : l'étonnant dessous des cartes

Publiée le 11/01/2026

Après avoir été pendant longtemps l’un des meilleurs journalistes de la presse française, au point qu’il finit par diriger l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le redressant de façon spectaculaire, ce connaisseur hors-pair de la politique intérieure est retourné à sa véritable passion, l’Histoire - particulièrement l’Histoire des relations internationales du XXIème siècle. 


Doté d’une inépuisable curiosité jamais satisfaite, ce qui le conduit à creuser ses sujets sans crainte de déranger les conformismes historiographies les mieux établis, et d’une inépuisable puissance de travail, cet homme trop modeste a livré en moins de vingt ans une série d’ouvrages impressionnants. Il est si savoureux de lire, tant est grand le bonheur de le voir faire pièce aux pires idées reçues (par exemple sur "l’amitié franco-américaine" - voire "L'ami américain", son ouvrage le plus connu), que nous lui consacrons quatre conversations. 


Commençons ici par son "Histoire de la Droite française - 50 ans de coups tordus" qui révèle des "dessous des cartes" pleins de résonances pour aujourd’hui - par exemple sur les conditions de l’arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958 (on découvrira dans ce premier épisode une stupéfiante "archive sonore" sur le coup d’Etat  rebaptisé "coup de chien" qu’il appelait de ses vœux ; ou sur le soutien de l’OAS par les Etats-Unis, ou sur l’aide que Washington apporta, avec Mitterrand, au lancement du Front National de 1982 à 1986 etc. Féroce et passionnant. 

Conversations inédites avec Alain de Benoist - La Droite française reste à réinventer

Publiée le 13/09/2026

Dans l’été 2016, TVL lançait une nouvelle émission, "Les Conversations", dont le tout premier invité fut Alain de Benoist, esprit encyclopédique et puissant, assez ouvert, tenace et curieux pour fonder une véritable "école de pensée" comme il n’y en a plus guère en France - à droite comme à gauche. Cette "Nouvelle Ecole" fut aussitôt appelée par ses détracteurs la "Nouvelle droite" : Alain de Benoist accepta d’emblée le vocable et, en un demi-siècle (exceptionnelle longévité !) lui donna une production intellectuelle extraordinaire : la sienne d’abord - il a publié plus d’une centaine de livres ; celle aussi d’une équipe de plus en plus large, de tous âges, venue de divers horizons, toujours d’une grande exigence intellectuelle, par exemple dans le commun souci de passer à l’examen les obsessions de la pensée dominante, de donner leurs sens précis aux mots de la philosophie politique, et de restaurer les sources les plus anciennes des traditions européennes - sans crainte d’aller en deçà du christianisme.

Il en résulta une foison de colloques, de maisons d’édition et de revues, dont les principales sont Nouvelle Ecole, Krisis et le "navire amiral" la revue Eléments dont l'audience continue à croître plusieurs décennies après sa création, en France et dans plusieurs pays étrangers. Dix ans après nos premières conversations j’ai rencontré derechef, dans sa maison de Normandie, le maître désormais octogénaire, dont la production s’accélère avec l’âge, comme si, dit sans ambages ce travailleur infatigable, il n’y avait plus une minute à perdre avant que, pour la civilisation européenne, il ne soit décidément trop tard… Nous ne nous sommes pas attardés sur le constat amer que les divers partis de droite n’ont guère tenu compte du prodigieux travail de ressourcement intellectuel qu’il leur avait offert - au point que la France comme l’Europe et finalement "l’Occident" tout entier (mot qu’Alain de Benoist louait jadis dans l’ancienne revue "Défense de l’Occident" mais qu’il met désormais en accusation), dérivent de plus en plus loin de leurs fondements. Aux matraquages de l’idéologie technicienne, progressiste et marchande, il rappelle aux esprits déboussolés et hagards qui nous entourent qu’il ne leur est pas interdit de penser...