Les Conversations
Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n° 75 avec Eric Branca (1ère partie) - 50 ans de droite française : l'étonnant dessous des cartes
Après avoir été pendant longtemps l’un des meilleurs journalistes de la presse française, au point qu’il finit par diriger l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le redressant de façon spectaculaire, ce connaisseur hors-pair de la politique intérieure est retourné à sa véritable passion, l’Histoire - particulièrement l’Histoire des relations internationales du XXIème siècle.
Doté d’une inépuisable curiosité jamais satisfaite, ce qui le conduit à creuser ses sujets sans crainte de déranger les conformismes historiographies les mieux établis, et d’une inépuisable puissance de travail, cet homme trop modeste a livré en moins de vingt ans une série d’ouvrages impressionnants. Il est si savoureux de lire, tant est grand le bonheur de le voir faire pièce aux pires idées reçues (par exemple sur "l’amitié franco-américaine" - voire "L'ami américain", son ouvrage le plus connu), que nous lui consacrons quatre conversations.
Commençons ici par son "Histoire de la Droite française - 50 ans de coups tordus" qui révèle des "dessous des cartes" pleins de résonances pour aujourd’hui - par exemple sur les conditions de l’arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958 (on découvrira dans ce premier épisode une stupéfiante "archive sonore" sur le coup d’Etat rebaptisé "coup de chien" qu’il appelait de ses vœux ; ou sur le soutien de l’OAS par les Etats-Unis, ou sur l’aide que Washington apporta, avec Mitterrand, au lancement du Front National de 1982 à 1986 etc. Féroce et passionnant.
Les Conversations n°81 de Paul-Marie Coûteaux avec Eric Branca - De Gaulle l’anti-Trump ? Quand la France parlait au monde
Après deux conversations consacrées à son métier de journaliste, puis à deux de ses ouvrages les plus marquants ("Histoire secrète de la droite française" puis "L’ami américain"), ouvrages qui l’imposèrent comme l'un des meilleurs historiens du XXème siècle (voir Conversations n° 73 et n°75), venons-en au monument qu’Eric Branca consacra en 2020 aux relations entre le général De Gaulle et quelques-unes des grandes figures historiques qu’il a rencontrées, qui l‘ont marqué et qu’il a sans doute beaucoup marquées en retour : Franco, le cardinal Roncalli (futur pape Jean XXIII à l’élection duquel il a puissamment contribué), Staline dont il dresse un portrait stupéfiant, Ben Gourion, Nasser (le seul qu’il n’ait pas rencontré physiquement, mais qu’il a influencé de plusieurs façons), ainsi que deux présidents des Etats-Unis, Kennedy et Richard Nixon, qui reconnaîtront ce qu’il doivent à celui qui était alors "la voix de la France" et qui portait une conception, non seulement de la diplomatie française mais aussi des relations entre puissances très éloignée de celle qui prévaut aujourd’hui. L'esprit contemporain ne saisit plus l’époque où la profondeur historique des Etats l’emportait sur les fixations idéologiques - quand, par exemple, le gouvernement de la Libération noua des relations avec Franco, quand ce dernier protégeait obstinément Fidel Castro, quand, en décembre 1944, De Gaulle tient à s’allier avec l’Ogre du Kremlin, quand Nasser faisait pendre les dirigeants communistes au Caire pendant qu’il s’alliait à la Russie soviétique et quand, déjà, Washington poussait contre lui les Frères Musulmans... Il y a dans cette conversation, en filigrane, une leçon de diplomatie classique qui découvre, outre un De Gaulle méconnu, ce que pourrait être une diplomatie française renouvelée, inspiratrice d’un ordre mondial fort éloigné, quant à l’inspiration, aux principes et à la forme, de celui que tente d’imposer l'erratique M. Trump...
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