Les Conversations

Les Conversations - Eric Verhaeghe : fin stratège de la contre-révolution

Publiée le 27/08/2022
Il est étonnant que le peuple qui a donné tant de résistants à la cause de sa liberté, esprits fiers qu’il a longtemps dénommés "héros", se prenne à présent à les nommer "Complotistes", comme si la Résistance, de glorieuse, devenait à présent honteuse. Or, c’est une même veine qui court à travers les âges, telle que l'incarne aujourd’hui, parmi tant d’autres, Eric Verhaeghe : il a connu la vie modeste d’une famille déshéritée de Liège, ce cap avancé de la France en Europe ; il a connu les universités françaises, puis l’ENA ; il a connu un grand nombre d’entreprises publiques, semi-publiques ou privées, dirigeant d’importants organismes comme l’APEC (Association pour l’emploi des cadres) ; il connait à présent la dissidence intellectuelle, conscient de ce qu’une société dont le modèle est à bout de souffle, et dont il connait tous les ressorts, peut engendrer de drames ou de délires, et décidé à les dénoncer au mépris même de sa carrière : c’est ainsi que, très au fait des méthodes nouvelles de la guérilla intellectuelle, il lança des sites de "réinformation" bien informés, tel le célèbre "Courrier des Stratèges", entre autres initiatives détonantes. Au fond, c’est le parcours et le portrait d’un homme à la fois très actuel et très moral que trace notre conversation, étonnante à bien des égards.

Conversations inédites avec Alain de Benoist - La Droite française reste à réinventer

Publiée le 13/09/2026

Dans l’été 2016, TVL lançait une nouvelle émission, "Les Conversations", dont le tout premier invité fut Alain de Benoist, esprit encyclopédique et puissant, assez ouvert, tenace et curieux pour fonder une véritable "école de pensée" comme il n’y en a plus guère en France - à droite comme à gauche. Cette "Nouvelle Ecole" fut aussitôt appelée par ses détracteurs la "Nouvelle droite" : Alain de Benoist accepta d’emblée le vocable et, en un demi-siècle (exceptionnelle longévité !) lui donna une production intellectuelle extraordinaire : la sienne d’abord - il a publié plus d’une centaine de livres ; celle aussi d’une équipe de plus en plus large, de tous âges, venue de divers horizons, toujours d’une grande exigence intellectuelle, par exemple dans le commun souci de passer à l’examen les obsessions de la pensée dominante, de donner leurs sens précis aux mots de la philosophie politique, et de restaurer les sources les plus anciennes des traditions européennes - sans crainte d’aller en deçà du christianisme.

Il en résulta une foison de colloques, de maisons d’édition et de revues, dont les principales sont Nouvelle Ecole, Krisis et le "navire amiral" la revue Eléments dont l'audience continue à croître plusieurs décennies après sa création, en France et dans plusieurs pays étrangers. Dix ans après nos premières conversations j’ai rencontré derechef, dans sa maison de Normandie, le maître désormais octogénaire, dont la production s’accélère avec l’âge, comme si, dit sans ambages ce travailleur infatigable, il n’y avait plus une minute à perdre avant que, pour la civilisation européenne, il ne soit décidément trop tard… Nous ne nous sommes pas attardés sur le constat amer que les divers partis de droite n’ont guère tenu compte du prodigieux travail de ressourcement intellectuel qu’il leur avait offert - au point que la France comme l’Europe et finalement "l’Occident" tout entier (mot qu’Alain de Benoist louait jadis dans l’ancienne revue "Défense de l’Occident" mais qu’il met désormais en accusation), dérivent de plus en plus loin de leurs fondements. Aux matraquages de l’idéologie technicienne, progressiste et marchande, il rappelle aux esprits déboussolés et hagards qui nous entourent qu’il ne leur est pas interdit de penser...