Les Conversations

Les Conversations - Eric Verhaeghe : fin stratège de la contre-révolution

Publiée le 27/08/2022
Il est étonnant que le peuple qui a donné tant de résistants à la cause de sa liberté, esprits fiers qu’il a longtemps dénommés "héros", se prenne à présent à les nommer "Complotistes", comme si la Résistance, de glorieuse, devenait à présent honteuse. Or, c’est une même veine qui court à travers les âges, telle que l'incarne aujourd’hui, parmi tant d’autres, Eric Verhaeghe : il a connu la vie modeste d’une famille déshéritée de Liège, ce cap avancé de la France en Europe ; il a connu les universités françaises, puis l’ENA ; il a connu un grand nombre d’entreprises publiques, semi-publiques ou privées, dirigeant d’importants organismes comme l’APEC (Association pour l’emploi des cadres) ; il connait à présent la dissidence intellectuelle, conscient de ce qu’une société dont le modèle est à bout de souffle, et dont il connait tous les ressorts, peut engendrer de drames ou de délires, et décidé à les dénoncer au mépris même de sa carrière : c’est ainsi que, très au fait des méthodes nouvelles de la guérilla intellectuelle, il lança des sites de "réinformation" bien informés, tel le célèbre "Courrier des Stratèges", entre autres initiatives détonantes. Au fond, c’est le parcours et le portrait d’un homme à la fois très actuel et très moral que trace notre conversation, étonnante à bien des égards.

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Jean-Christian Petitfils - Révolution américaine, dettes de Necker : les causes de la Révolution

Publiée le 11/10/2026

Certains livres sont des événements. Jean-Christian Petitfils, travailleur infatigable qui n’est pas sans raison celui de nos historiens dont les ouvrages connaissent la plus large audience, s’est déjà confié pour TVL, relatant sa vie dans une première Conversation diffusée voici trois ans. Il y revint pour nous sur les titres les plus marquants d'une œuvre foisonnante, notamment une biographie ou une "historiographie" de Jésus et celles des cinq rois bourbons. On attendait le couronnement, si l’on peut dire : une histoire complète de la Révolution française. La voici, monumentale, l’auteur déployant au long de mille et une pages toutes les qualités qu’on lui connait : un talent de plume devenu rare, le soin de saisir l’événement en le plongeant dans l’époque, alliant l’étude de caractères à la sociologie, l’économie à l’histoire des idées - et le courage de détruire quelques idées reçues, dussent quelques vieilles gloires républicaines sortir du Panthéon… Nous avons dû insérer les aspects de cet événement immense et répartir une suite d’entretiens entre quelques grands sujets. Commençons par les causes principales du processus révolutionnaire, moins "démocratique" qu’il ne fut dictatorial, moins libérateur qu’il ne fut terroriste, et moins mécanique qu'il ne fut le résultat d'une suite de circonstances malheureuses - tout ayant pu, à tout moment être rattrapé. Il faut dire que, après les énormes dépenses de la guerre d’Amérique, les dettes qu’accrut au-delà de toute raison M. Necker, banquier suisse et protestant, avaient de quoi ébranler un édifice monarchique qui, certes fragile, loin de l’absolutisme qu’on lui prête aujourd’hui, n’en avait pas moins assuré la prééminence mondiale incontestée de la France - au risque de susciter nombre de jalousies qui se révéleront acharnées...