Les Conversations
Les Conversations - Général Jean-Bernard Pinatel : un parcours de combattant
"La France ne peut se passer de la Russie si elle veut être une grande puissance économique". Avec de telles réflexions, exprimées avec une rare liberté de ton que l’armée française n’a jamais tout à fait perdue, le général Jean-Bernard Pinatel, géostratège reconnu, ne pouvait que nous inciter à le mieux connaître. Plus jeune officier général de sa génération (il le fut à 48 ans), après avoir combattu en Algérie puis avoir participé, à la confluence de la physique et de la science militaire, à l’aventure atomique de la France, ce Basque d’une intrépidité remarquable a créé à 50 ans un cabinet de conseil aux entreprises, ce qui l'a conduit à de nouvelles aventures, et à des réflexions instruites par l’expérience sur bien des sujets - jusqu’à la diététique ! La dernière en date de ses initiatives est Géopragma, qu’il dirige avec Caroline Galactéros, l’un des rares instituts d’études internationales qui place l’intérêt national au centre de ses réflexions, échappant ainsi à l’américanisation des esprits qu’il vilipende en citant De Gaulle. Parcours d’un combattant en tout point exemplaire.
Les Conversations de P-M Coûteaux avec Jacques Hogard : Eloge de l’Armée française (1ère partie)
"Je regardais l'armée française comme la plus grande chose du monde", cette phrase du jeune Charles De Gaulle expliquant son engagement dans l’Armée, il est possible que Jacques Hogard ait pu la prononcer. Ce très bon connaisseur de la vie internationale et, en même temps de la politique française de défense et des défis qu'elle a à relever, cet analyste géopolitique qui connaît le terrain pour avoir servi sur plusieurs théâtres d’opérations, en Afrique et dans les Balkans, est universellement prisé pour son coup d'œil mais aussi pour le courage avec lequel il sait parler clair et net, notamment pour dire son fait à cet empire états-unien (et à ses serviteurs européens, à l’occasion français), que la France trouve si souvent sur son chemin - voir par exemple "Le Samedi Politique" qu'il a accordé à Elise Blaise le 21 mars dernier.
Mais les qualités de cet homme chaleureux, à la fois bonhomme et policé, ne tombent pas du ciel. Dans cette première conversation, nous découvrons sa famille presque exclusivement faite d’officiers, de son grand-père Emile Hogard qui fut l’aide de camp du maréchal Lyautey, au célèbre résistant Guillain de Bénouville, son oncle maternel, et son père, autre général dont il trace un portrait frappant. Et si les principales qualités d'un officier n'était pas simplement d'ordre physique ni même intellectuel ("la culture générale est l’école du commandement", rappelle-t-il) mais d'abord de la conscience ? Une fois de plus, tout est ici affaire de morale : si ce catholique à la fois ardent et tranquille, si ce monarchiste de cœur et de raison, promis aux plus hautes fonctions d'état-major, a délibérément quitté l'armée à l'âge de 44 ans, c'était d'abord pour des raisons de conscience : il estimait que le pouvoir politique fourvoyait l'armée française dans bien d'autres causes que le service de la France que celui de la France. Pourtant, assure-t-il, l'esprit de bon nombre de jeunes soldats d’aujourd’hui reste comparable à la vaillance traditionnelle. Avant de suivre les deux opérations qui l’ont marqué le plus durablement, celles du Rwanda puis du Kosovo, écoutons ce parfait Français dire tranquillement que "ce qu'il y a de plus pur en France aujourd'hui est sans doute son armée"... Question plus brûlante qu'on ne croit !
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