Les Conversations

Les Conversations avec Christian Mégrelis : Une réflexion sur l'étrange destinée de la Russie

Publiée le 15/01/2023

Que de tranches d’histoire nous découvrons en conversant avec Christian Mégrelis, personnage à la culture encyclopédique qui a côtoyé, et quelquefois servi tous les empires du dernier siècle ! Français né à Chamalières entre les deux guerres, issu d’une vielle famille grecque pontique (installée sur les rives du Pont Euxin, aujourd’hui la mer Noire, entre l’Europe russe, le Caucase et la Turquie), ce parfait cosmopolite, infatigable voyageur qui mena avec succès diverses affaires commerciales sur tous les continents, grand connaisseur et défenseur de la Bible qu’il fit éditer jusqu’en Chine et qui l’inspire en toutes circonstances, joua un rôle politique de premier plan, en particulier comme conseiller aussi écouté qu’influent de Mikhaïl Gorbatchev. On en apprendra beaucoup à suivre son regard amusé, distant et synthétique, toujours très français, sur les grandes évolutions du monde, en particulier de sa chère Russie, dont le destin lui importe autant que celui de la France -et que, bien entendu, l’entente franco-russe tant mise à l’épreuve part notre enferment dans l’univers atlantique. Plus souvent complaisant avec les vues étatsuniennes que tendre avec Vladimir Poutine, il n’en reste pas moins fasciné par l’étonnant destin d’un peuple russe auquel il est viscéralement attaché, nous le serons sans doute en l’écoutant...

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux - Jacques Cheminade sans filtre (2ème partie)

Publiée le 14/06/2026

Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui  ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.