Les Conversations

Les Conversations avec Edouard Husson - Un Recteur accusé de complotisme

Publiée le 09/07/2022
Professeur des Universités, directeur depuis 2010 de l’Institut franco-allemand d’Etudes Européennes, ancien membre du cabinet de Valérie Pécresse, Edouard Husson, dont les ouvrages sur l’Histoire de l’Allemagne contemporaine font autorité, avait tout pour mener une carrière universitaire brillante et confortable - il fut d’ailleurs Vice-Chancelier des Universités de Paris, avec le rang de Recteur puis directeur de la prestigieuse Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP -Europe). Mais son intelligence des évènements, son indépendance d’esprit et son courage l’ont peu à peu entraîné vers la dissidence intellectuelle, comme en témoignent notamment ses régulières interventions sur le site « Le Courrier des Stratèges » - où il fustigea notamment la gestion de la « crise du Covid » dans laquelle il vit un signe du « tournant politique autoritaire », contesta à maintes reprises les conditions de l’élection de Joe Biden en novembre 2020 et propose depuis des mois une lecture très savante du conflit ukrainien et de ses conséquences, annonçant avant bien d’autre le «basculement du monde » et la perte d’influence de l’empire américain. Qu’une sommité académique ait la lucidité de comprendre les ressors de la vie internationale et le courage de les exposer clairement en fait-il un complotiste ?

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux - Jacques Cheminade sans filtre (2ème partie)

Publiée le 14/06/2026

Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui  ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.