Les Conversations

Les Conversations - Christine Boutin : combats dépassés ou visionnaires ?

Publiée le 27/03/2022
Elle fut maire de Rambouillet, présidente du Conseil général des Yvelines, députée plusieurs fois réélue, candidate à l’élection présidentielle, ministre. Elle est aujourd’hui la présidente d’honneur du parti qu'elle a fondé, le Parti chrétien-démocrate devenu Via, la voie du peuple. Tous les Français croient la connaître. Pourtant, à mesure que Christine Boutin se raconte, rétablit quelques vérités, par exemple sur les anecdotes qui l’ont rendue célèbre (telle cette Bible qu’elle brandit un jour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale), à mesure qu’elle relate ses combats pour la sauvegarde de la nature humaine contre les "avancées" du techno-progressisme, de l’avortement jusqu’à la GPA, et plus on comprend la ligne impeccablement logique de ses combats. Et ce qui fut longtemps présenté comme dépassé en devient… prophétique.

Les Conversations n°81 de Paul-Marie Coûteaux avec Eric Branca - De Gaulle l’anti-Trump ? Quand la France parlait au monde

Publiée le 05/04/2026

Après deux conversations consacrées à son métier de journaliste, puis à deux de ses ouvrages les plus marquants ("Histoire secrète de la droite française" puis "L’ami américain"), ouvrages qui l’imposèrent comme l'un des meilleurs historiens du XXème siècle (voir Conversations n° 73 et n°75), venons-en au monument qu’Eric Branca consacra en 2020 aux relations entre le général De Gaulle et quelques-unes des grandes figures historiques qu’il a rencontrées, qui l‘ont marqué et qu’il a sans doute beaucoup marquées en retour : Franco, le cardinal Roncalli (futur pape Jean XXIII à l’élection duquel il a puissamment contribué), Staline dont il dresse un portrait stupéfiant, Ben Gourion, Nasser (le seul qu’il n’ait pas rencontré physiquement, mais qu’il a influencé de plusieurs façons), ainsi que deux présidents des Etats-Unis, Kennedy et Richard Nixon, qui reconnaîtront ce qu’il doivent à celui qui était alors "la voix de la France" et qui portait une conception, non seulement de la diplomatie française mais aussi des relations entre puissances très éloignée de celle qui prévaut aujourd’hui. L'esprit contemporain ne saisit plus l’époque où la profondeur historique des Etats l’emportait sur les fixations idéologiques - quand, par exemple, le gouvernement de la Libération noua des relations avec Franco, quand ce dernier protégeait obstinément Fidel Castro, quand, en décembre 1944, De Gaulle tient à s’allier avec l’Ogre du Kremlin, quand Nasser faisait pendre les dirigeants communistes au Caire pendant qu’il s’alliait à la Russie soviétique et quand, déjà, Washington poussait contre lui les Frères Musulmans... Il y a dans cette conversation, en filigrane, une leçon de diplomatie classique qui découvre, outre un De Gaulle méconnu, ce que pourrait être une diplomatie française renouvelée, inspiratrice d’un ordre mondial fort éloigné, quant à l’inspiration, aux principes et à la forme, de celui que tente d’imposer l'erratique M. Trump...