Les Conversations

Les Conversations - Me Gibault : avocat de Kadhafi et héritier de Céline

Publiée le 18/06/2023

Ecrivain dont la production reste abondante, avocat de Tixier-Vignancour et Kadhafi, aujourd'hui nonagénaire et toujours en activité, François Gibault est aussi l’héritier de Louis-Ferdinand Céline, dont il vient d'assurer l'édition de trois manuscrits égarés, ainsi que du peintre Dubuffet, dont, entre autres chefs d'œuvre, les plus belles toiles ornent le splendide appartement qui abrita de nombreuses célébrités du tout-Paris (de Françoise Sagan ou Jacques Chazot au couple Pompidou...), où il nous reçoit avec la simplicité du grand seigneur. Ce vieil homme amusé semble avoir tout vu et tout connu d'un Paris qui fut longtemps l'une des lumières du monde - et pour ainsi dire la capitale mondiale de la liberté de l'esprit et des mœurs. Son secret : être lui-même jusqu’au bout, assumer tout l'individu qui est en soi, sans préjugé ni routine, cultiver l'humour, écrire et lire beaucoup, prendre des bains glacés et, par-dessus tout, savoir saisir les innombrables hasards qui passent...

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Michel Onfray (2ème partie) - "Je suis judéo-chrétien"

Publiée le 02/08/2026

Michel Onfray est l’un des rares personnages qui m’intimident : l’extraordinaire agilité de son intelligence, sa très vaste érudition mise au service d'une force de travail qui ne l’est pas moins (il a déjà publié plus de 150 livres !), par dessus tout son permanent souci de la vérité, dût-il brûler ses vaisseaux pour pouvoir la dire, en font l’un des rares intellectuels français universels, capable de s’adresser à tout Français - outre qu’il est le plus traduit de nos philosophes et essayistes, son rayonnement à l’étranger faisant honneur à la France.

Dans une première conversation, il s’est livré avec beaucoup de simplicité et de confiance en nous parlant de son Père, figure marquante entre toutes, de sa mère, de son enfance dans une ferme modeste de Normandie. Nous poursuivons ici ce récit avec les années où il fut placé dans un orphelinat catholique, où le réflexe qui le fit écrire dès l’âge de 10 ans fut pour ainsi dire la clef de sa prison,  ses premiers ouvrages publiés très jeune, son refus obstiné de toute carrière universitaire, sa farouche indépendance d’esprit. Celle-ci ne fut pas mise en défaut, comme elle aurait pu l’être, lorsque, dans les premiers années du nouveau siècle ( il avait quarante ans)  l’anarchisme obstiné de ses premiers écrits fut pris comme à rebours par l’évolution de notre civilisation, laquelle révéla année après année que, tandis que s’installait une bien réelle anarchie, il découvrit assez vite  qu’il n’y avait fait pas , pour reprendre la célèbre formule soixante-huitarde, « sous les pas pavés la plage », mais au contraire « sous les pavés la barbarie ». D’autres auraient pus s‘accrocher à leurs premières fixations idéologiques : il n’en fit rien, et, analysant notre monde tel qu’il évolue, ou tel qu'il s'effondre, il engagea une véritable révolution intellectuelle qui lui permet de découvrir les plus fraîches, et les plus terribles vérités sur la profonde « décimalisation » qui prend à la gorge l’ancien libertaire. Une conversation sans fin…