Les Conversations

Les Conversations - Me Gibault : avocat de Kadhafi et héritier de Céline

Publiée le 18/06/2023

Ecrivain dont la production reste abondante, avocat de Tixier-Vignancour et Kadhafi, aujourd'hui nonagénaire et toujours en activité, François Gibault est aussi l’héritier de Louis-Ferdinand Céline, dont il vient d'assurer l'édition de trois manuscrits égarés, ainsi que du peintre Dubuffet, dont, entre autres chefs d'œuvre, les plus belles toiles ornent le splendide appartement qui abrita de nombreuses célébrités du tout-Paris (de Françoise Sagan ou Jacques Chazot au couple Pompidou...), où il nous reçoit avec la simplicité du grand seigneur. Ce vieil homme amusé semble avoir tout vu et tout connu d'un Paris qui fut longtemps l'une des lumières du monde - et pour ainsi dire la capitale mondiale de la liberté de l'esprit et des mœurs. Son secret : être lui-même jusqu’au bout, assumer tout l'individu qui est en soi, sans préjugé ni routine, cultiver l'humour, écrire et lire beaucoup, prendre des bains glacés et, par-dessus tout, savoir saisir les innombrables hasards qui passent...

Les Conversations n°81 de Paul-Marie Coûteaux avec Eric Branca - De Gaulle l’anti-Trump ? Quand la France parlait au monde

Publiée le 05/04/2026

Après deux conversations consacrées à son métier de journaliste, puis à deux de ses ouvrages les plus marquants ("Histoire secrète de la droite française" puis "L’ami américain"), ouvrages qui l’imposèrent comme l'un des meilleurs historiens du XXème siècle (voir Conversations n° 73 et n°75), venons-en au monument qu’Eric Branca consacra en 2020 aux relations entre le général De Gaulle et quelques-unes des grandes figures historiques qu’il a rencontrées, qui l‘ont marqué et qu’il a sans doute beaucoup marquées en retour : Franco, le cardinal Roncalli (futur pape Jean XXIII à l’élection duquel il a puissamment contribué), Staline dont il dresse un portrait stupéfiant, Ben Gourion, Nasser (le seul qu’il n’ait pas rencontré physiquement, mais qu’il a influencé de plusieurs façons), ainsi que deux présidents des Etats-Unis, Kennedy et Richard Nixon, qui reconnaîtront ce qu’il doivent à celui qui était alors "la voix de la France" et qui portait une conception, non seulement de la diplomatie française mais aussi des relations entre puissances très éloignée de celle qui prévaut aujourd’hui. L'esprit contemporain ne saisit plus l’époque où la profondeur historique des Etats l’emportait sur les fixations idéologiques - quand, par exemple, le gouvernement de la Libération noua des relations avec Franco, quand ce dernier protégeait obstinément Fidel Castro, quand, en décembre 1944, De Gaulle tient à s’allier avec l’Ogre du Kremlin, quand Nasser faisait pendre les dirigeants communistes au Caire pendant qu’il s’alliait à la Russie soviétique et quand, déjà, Washington poussait contre lui les Frères Musulmans... Il y a dans cette conversation, en filigrane, une leçon de diplomatie classique qui découvre, outre un De Gaulle méconnu, ce que pourrait être une diplomatie française renouvelée, inspiratrice d’un ordre mondial fort éloigné, quant à l’inspiration, aux principes et à la forme, de celui que tente d’imposer l'erratique M. Trump...