Les Conversations
Les Conversations - Me Gibault : avocat de Kadhafi et héritier de Céline
Ecrivain dont la production reste abondante, avocat de Tixier-Vignancour et Kadhafi, aujourd'hui nonagénaire et toujours en activité, François Gibault est aussi l’héritier de Louis-Ferdinand Céline, dont il vient d'assurer l'édition de trois manuscrits égarés, ainsi que du peintre Dubuffet, dont, entre autres chefs d'œuvre, les plus belles toiles ornent le splendide appartement qui abrita de nombreuses célébrités du tout-Paris (de Françoise Sagan ou Jacques Chazot au couple Pompidou...), où il nous reçoit avec la simplicité du grand seigneur. Ce vieil homme amusé semble avoir tout vu et tout connu d'un Paris qui fut longtemps l'une des lumières du monde - et pour ainsi dire la capitale mondiale de la liberté de l'esprit et des mœurs. Son secret : être lui-même jusqu’au bout, assumer tout l'individu qui est en soi, sans préjugé ni routine, cultiver l'humour, écrire et lire beaucoup, prendre des bains glacés et, par-dessus tout, savoir saisir les innombrables hasards qui passent...
Les Conversations avec Jean-Christian Petitfils - Révolution Française : Souveraineté usurpée & mécanique de la Terreur
A l’heure où la mythologie républicaine jette en France ses derniers feux, poursuivons avec Jean-Christian Petitfils notre relecture de la Révolution française, en nous attachant aux faits. Comme nous l’avons vu dans une première conversation, l’engrenage de l’année 1789 procède d’une série de malheurs qui se sont abattus sur la France sans discontinuer depuis 1786 : coût du soutien à la Révolution américaine, désastres climatiques répétés, mauvaises récoltes, gestions hasardeuses de ministres dépensiers tels Necker, acharnement de la Couronne britannique à prendre sa revanche… Le fait majeur, la soudaine décision d’une partie des députés du Tiers état de se déclarer "Assemblée nationale" fut, en juin, un pur coup de force qui laissa sans réaction un Roi déboussolé par la mort, quelques jours plus tôt, de son fils - un Roi au tempérament pacifique qui ne comprit pas que c’était la souveraineté royale elle-même qui se trouvait confisquée. Coup de force qui était pourtant un coup d’Etat, si brutal qu’il s’ensuivit dès les semaines suivantes de violentes émeutes, dont la prise de la Bastille, et des déséquilibres institutionnels qui allaient plonger la France dans des violences puis des guerres prolongées jusqu'à Waterloo.Comme le résume Emmanuel de Waresquiel, la Révolution française plongea la France dans une longue série de terreurs, à Paris d’abord puis, assez vite, en province, qui ouvrit l’engrenage de la guerre. Œuvre d’une minorité agissante, elle n’instaura nullement la démocratie, insiste Petitfils - créant cependant une série d’institutions nouvelles que les Français tiennent pour un acquis, mais qui n’en est pas moins soumis aujourd’hui à un vaste examen critique.
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