Les Conversations
Les Conversations n°42 de P-M Coûteaux avec Mathieu Bock-Côté : Un Québec libre pour une France libre
A lui seul, Mathieu Bock-Côté, écrivain et sociologue québécois qui conquit en peu de temps une large audience en France, parvint à faire revivre une amitié franco-québécoise qui, sans lui, aurait pu se relâcher. A sa verve bien connue, toujours riche et souvent vertigineuse, à ses analyses sans complaisance sur la dimension totalitaire du techno-progressisme moderne, il ajoute ici des récits inattendus et des confessions personnelles qui étonneront ceux qui le connaissent sans le connaître. Il faut l’écouter parler de son père, professeur d’histoire de grande culture, qu’il vénère au point de lui dédier tous ses livres, et relater, les larmes aux yeux, le récit que cet indépendantiste militant lui fit cent fois du "Vive le Québec libre !", tandis qu’il était au pied du fameux balcon où De Gaulle bousculait la coalition anglo-saxonne liguée contre les Français du Canada ; il faut suivre avec lui les grandes heures, malheurs et promesses nouvelles du "souverainisme québécois" comme les bonheurs d’un Québécois installé en France, assez amoureux d’elle pour souffrir de ses faiblesses et louer ses forces (et sa cuisine). Ecoutons ce personnage océanique dérouler sa vie dans les Laurentides, à Montréal puis à Paris ; regardons cet analyste de haut vol révéler ici une sensibilité affectueuse, sans cesse sur le qui-vive.
Les Conversations avec Jean-Christian Petitfils - Révolution Française : Souveraineté usurpée & mécanique de la Terreur
A l’heure où la mythologie républicaine jette en France ses derniers feux, poursuivons avec Jean-Christian Petitfils notre relecture de la Révolution française, en nous attachant aux faits. Comme nous l’avons vu dans une première conversation, l’engrenage de l’année 1789 procède d’une série de malheurs qui se sont abattus sur la France sans discontinuer depuis 1786 : coût du soutien à la Révolution américaine, désastres climatiques répétés, mauvaises récoltes, gestions hasardeuses de ministres dépensiers tels Necker, acharnement de la Couronne britannique à prendre sa revanche… Le fait majeur, la soudaine décision d’une partie des députés du Tiers état de se déclarer "Assemblée nationale" fut, en juin, un pur coup de force qui laissa sans réaction un Roi déboussolé par la mort, quelques jours plus tôt, de son fils - un Roi au tempérament pacifique qui ne comprit pas que c’était la souveraineté royale elle-même qui se trouvait confisquée. Coup de force qui était pourtant un coup d’Etat, si brutal qu’il s’ensuivit dès les semaines suivantes de violentes émeutes, dont la prise de la Bastille, et des déséquilibres institutionnels qui allaient plonger la France dans des violences puis des guerres prolongées jusqu'à Waterloo.Comme le résume Emmanuel de Waresquiel, la Révolution française plongea la France dans une longue série de terreurs, à Paris d’abord puis, assez vite, en province, qui ouvrit l’engrenage de la guerre. Œuvre d’une minorité agissante, elle n’instaura nullement la démocratie, insiste Petitfils - créant cependant une série d’institutions nouvelles que les Français tiennent pour un acquis, mais qui n’en est pas moins soumis aujourd’hui à un vaste examen critique.
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