Les Conversations
Les Conversations n°51 - Prince Jean de France : La question de la République est posée
Eté 2024 : à la faveur d’une dissolution improvisée, éclate l’un des plus lourds nuages qui assombrissent depuis des années le sort de la France, l’aporie nos institutions. Si la Constitution de la Vème République est solide, elle n’échappe pas à une contradiction majeure, qu’avait bien comprise son créateur : comment faire que le président de la République, clef de voute de notre architecture institutionnelle, soit à la fois président de tous les Français (remplissant la triple fonction d’assurer notre continuité historique, de garantir l'impartialité de l’Etat et d’arbitrer en cas de crise) et cependant élu au suffrage universel, c’est à dire par une partie de Français contre une autre ? Longtemps la question fut masquée par l'ombre gaullienne. Mais la tragédie se révèle avec les successeurs, chaque fois plus cruelle quand les Français se rendent compte que chacun des chefs d’Etat issu de l’élection est plus éloigné de ses missions fondamentales. Le pire étant atteint avec Emmanuel Macron, destructeur déclaré de notre continuité historique et si partial qu’il en devient minoritaire, son étiage tombant même, lors des européennes de juin, au dessous de 15%. Peu après, se fissurait le bien nommé front républicain, tandis que chacun peut observer que, constitué après des mois de crise, le gouvernement ne tient que par l’habile abstention du parti que ledit Front républicain visait précisément à exclure... Au fond, tout le drame de la France vient de ce que la tête de l’Etat est "débile", selon le mot qu’utilise ici, devant la caméra de TVL, Mgr le comte de Paris, Jean de France, à la faveur de deux conversations qu’Il nous a accordées avec son habituelle simplicité. Il est évident que, au regard des actuelles circonstances, cette rencontre, qui a pour but de permettre aux Français de Le connaître mieux, arrive à son heure.
Les Conversations de P-M Coûteaux - Michel Onfray - De Gaulle, son enfance, son père : une étonnante auto-analyse (1ère partie)
La chaleur de ce 18 juin m’a joué un tour : "Les Conversations étant pour la plupart enregistrées chez moi, donc passablement improvisées, un mauvais hasard voulut que, lorsque Michel Onfray arriva au milieu d’une après-midi écrasante, je prenais une douche ; ne voulant pas faire attendre plus longtemps un hôte aussi vénérable, je m’habillai à la volée, et c’est en costume de perroquet des îles que je le reçus. Aussitôt la conversation s’engagea, aisée et riche comme il y excelle, et nous reprîmes celle que nous suivons à intervalles très irréguliers depuis que, en octobre 1997, je l’avais interrogé pour France Culture sur l’un des premiers de ses quelques cent cinquante ouvrages : "Politique du Rebelle - Traité de résistance et d’insoumission". Solidement campé sur son "Ni Dieu ni Maître", il y écrivait notamment : "Voici ce qui doit être posé au-dessus de tout : la Vie. Option hédoniste". Les dispositions demeurent, certes ; mais comme les conditions ont changé ! Désormais, le doux anarchisme de la jeunesse fait face à la dislocation de tous les cadres, politiques, sociaux ou familiaux qui justifiaient jadis le Rebelle et autorisaient à l'occasion "l’option hédoniste". Le temps a passé, l’oeuvre s’est étendue, comme le cercle de ses lecteurs français ou étrangers (il est certainement l’auteur français le plus traduit), comme se sont étendues aussi ses réflexions qui le conduisent à camper désormais un souverainiste solide, prêt à dire le vrai et de la plus abrupte façon : "j’ai longtemps parlé d'une guerre civile à bas-bruit ; je retire maintenant le "bas-bruit"...). Finalement, c’est dans son enfance, dont il nous donne ici des aperçus à la fois pudiques et précis, toujours bouleversants, qu’il retrouve ses points d’appui, se livrant avec cette obsession de la vérité qui est le vrai fil-rouge de son œuvre, à une auto-analyse inattendue. De l'évocation (féroce) du Débarquement des "Anglo-saxons" dans sa Normandie natale à l’impressionnant portrait de son père (qu’un éclat d’obus de l’armée "libératrice" faillit tuer…), à la figure du général De Gaulle, devenu l’un de ses repères les plus constants, et à celle de ce père, l’homme qui ne mentait jamais, Onfray déroule ici à petites touches, quelquefois en exclusivité pour TVL, le portrait d'une enfance frugale, et comme on dit "difficile", laissant apercevoir où puise son extraordinaire besoin décrire ; une enfance sur laquelle il n’a pas fini de revenir...
Connexion
Afin d'utiliser cette fonctionnalité, vous devez vous connecter :