Les Conversations

Les Conversations n°34 de Paul-Marie Coûteaux : Asselineau le mirobolant (partie 5/5)

Publiée le 26/11/2023

D'une chose qui étonne, émerveille et époustoufle, on dit quelle est mirobolante. Certes, le mot peut aussi avoir un connotation moqueuse : chacun en jugera à sa guise après avoir écouté cette cinquième et ultime conversation avec François Asselineau, aussi mirobolante, en tous les cas foisonnantes que les précédentes. Avec lui, nous aurons battu le record de durée de la série des Conversations (plus de huit heures au total), tant le personnage est disert, tant il a des choses à dire sur la France, ce qui l’accable aujourd’hui, et ce qui pourrait demain, par une grande politique, la replacer au rang des grandes puissances. Suivons ici les voyages de cet infatigable coureur de monde, les réorientations qu’il préconise pour notre politique étrangère dont ce gaulliste de bonne souche sait bien qu'elle surdétermine l’ensemble de la politique d'un pays ouvert aux autres comme l’est la France depuis des siècles, riche d’atouts, pourvu qu’elle se décide à sortir de cette prison mentale qu’est l’atlantisme -surtout pour nos modernes oligarques. Ecoutons ses idées en matière de politique culturelle, son choix pour l’inscription d’une "préférence chrétienne" dans la Constitution, et finalement l’énumération de ses plaisirs culturels, ses goûts en musique, en peinture, en littérature… Pour un peu, on en redemanderait !

Les Conversations avec Jean-Christian Petitfils - Révolution Française : Souveraineté usurpée & mécanique de la Terreur

Publiée le 08/11/2026

A l’heure où la mythologie républicaine jette en France ses derniers feux, poursuivons avec Jean-Christian Petitfils notre relecture de la Révolution française, en nous attachant aux faits. Comme nous l’avons vu dans une première conversation, l’engrenage de l’année 1789 procède d’une série de malheurs qui se sont abattus sur la France sans discontinuer depuis 1786 : coût du soutien à la Révolution américaine, désastres climatiques répétés, mauvaises récoltes, gestions hasardeuses de ministres dépensiers tels Necker, acharnement de la Couronne britannique à prendre sa revanche… Le fait majeur, la soudaine décision d’une partie des députés du Tiers état de se déclarer "Assemblée nationale" fut, en juin, un pur coup de force qui laissa sans réaction un Roi déboussolé par la mort, quelques jours plus tôt, de son fils - un Roi au tempérament pacifique qui ne comprit pas que c’était la souveraineté royale elle-même qui se trouvait confisquée. Coup de force qui était pourtant un coup d’Etat, si brutal qu’il s’ensuivit dès les semaines suivantes de violentes émeutes, dont la prise de la Bastille, et des déséquilibres institutionnels qui allaient plonger la France dans des violences puis des guerres prolongées jusqu'à Waterloo.Comme le résume Emmanuel de Waresquiel, la Révolution française plongea la France dans une longue série de terreurs, à Paris d’abord puis, assez vite, en province, qui ouvrit l’engrenage de la guerre. Œuvre d’une minorité agissante, elle n’instaura nullement la démocratie, insiste Petitfils - créant cependant une série d’institutions nouvelles que les Français tiennent pour un acquis, mais qui n’en est pas moins soumis aujourd’hui à un vaste examen critique.